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Des milliers de personnes ont manifesté jeudi au Soudan pour appeler à la chute du régime, au 4e jour d’un mouvement de contestation d’une ampleur inégalée contre des mesures d’austérité qui a déjà fait 29 morts. Les manifestations provoquées par la levée des subventions sur les carburants et qui ont parfois pris une tournure violente avec des biens publics et privés saccagés ou incendiés, sont les plus importantes contre le régime islamiste du général Omar el-Béchir depuis son arrivée au pouvoir en 1989. Sous le coup de mandats d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité et génocide au Darfour, M. Béchir a renoncé à se rendre à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Reprenant le slogan phare du Printemps arabe, environ 3.000 personnes ont défilé le matin dans le quartier d’Al-Inqaz à Khartoum, scandant « Liberté, Liberté », et « Le peuple veut la chute du régime », selon des témoins. Les forces anti-émeutes s’étaient déployées dès les premières heures de la journée aux principaux carrefours de la capitale, où la plupart des magasins avaient leurs rideaux baissés et la circulation était fluide. Face à l’extension des troubles, l’ambassade des Etats-Unis à Khartoum a appelé « toutes les parties à ne pas recourir à la force et au respect des libertés publiques et au droit au rassemblement pacifique ». Les manifestations ont jusqu’à présent un caractère spontané. Les dirigeants de l’opposition, dont l’ex-Premier ministre Sadek al-Mahdi, étaient réunis en milieu de journée. AFP.