Partager


L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), qui est à l’origine de la création de la Commission nationale des prix, ne croit plus en la capacité de la structure à juguler la flambée des prix. Elle demande la relecture du décret l’instituant, ce que le ministre de l’Economie va être obligé d’accepter.

Dans une précédente parution, nous faisions état des vives réserves que l’UNTM émettait sur sa participation aux travaux de la Commission nationale des prix créée par décret au mois d’avril 2008. Ces réserves portent sur la composition de la Commission qui, aux yeux des responsables syndicaux, constitue un handicap à l’accomplissement de ses missions de prévention et de lutte contre la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité.

Cette Commission est présidée par une conseillère technique du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Sissouma Aïda Koné. En sont membres, la société civile comprenant l’UNTM, les associations de consommateurs et des commerçants importateurs de céréales et de denrées de première nécessité.

Au vu de sa composante hétéroclite, l’UNTM en déduit qu’elle ne répond pas à ses aspirations pour la simple raison que ses composantes n’ont pas les mêmes intérêts. Ceci s’explique par le fait que certains de ses membres ne rendent compte qu’à leur service employeur, d’autres ne le font qu’à eux-mêmes et d’autres étant leurs propres employeurs (importateurs) n’ont de compte à rendre à personne.

Une autre appréhension de la centrale syndicale est que l’organe créé sous son impulsion risque d’être une stratégie pour le gouvernement de masquer la vie chère. L’UNTM regrette surtout l’opacité qui recouvre les activités de la Commission avec son manque de communication.

Une chose est de prendre les décisions allant dans le sens de la diminution des prix, une autre est de les diffuser pour que la majorité des consommateurs soit informée. L’UNTM entend par là empêcher que les décisions soient simplement rangées dans les tiroirs et demande que les réunions fassent l’objet de communiqué de presse.

De nouvelles « exo »

L’UNTM veut que ces préalables soient réglés et en fait une doléance en réitérant la relecture du décret instituant la Commission nationale des prix pour qu’elle soit plus autonome et indépendante.

La sortie lundi soir, à la télévision nationale, du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo semble être un début de réponse aux préoccupations de la centrale syndicale.

Le ministre a en effet fait le point sur les exonérations accordées sur le riz sur la période du 1er avril au 31 septembre 2008, qui coûte 4 milliards de F CFA au budget national et celle sur l’huile raffinée et le lait sur deux mois couvrant le mois de ramadan (août-septembre), d’une valeur de 4,5 milliards de F CFA.

En expliquant cette affaire d’exonération servie à la pelle où les consommateurs sont toujours les dindons de la farce, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a laissé beaucoup de téléspectateurs sur leur faim : en se gardant de clarifier certains points. Il n’a pas spécifié la qualité de lait ni la quantité de produit laitier et d’huile faisant l’objet de détaxation.

Or, la précision doit être faite illico presto pour éviter non seulement la spéculation, qui consiste, pour certains hauts responsables du pays, à dire que la quantité détaxée au cordon douanier est épuisée avant terme. Certains peuvent aussi en profiter pour importer du lait impropre à la consommation humaine comme cela a été le cas pour le riz.


Abdrahamane Dicko

23 Juillet 2008