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Moins d’un mois seulement après la grève de 72 heures qui a complètement paralysé l’administration douanière les 21, 22 et 23 mars derniers, la Section Syndicale des Douanes vient de déposer un autre préavis de grève.

D’ailleurs, la copie de cette lettre de préavis de grève a été remise hier aux journalistes lors d’un point de presse organisé hier matin à la Bourse du travail par le Bureau Exécutif de la Section Syndicale des Douanes.

Il ressort, en effet, de cette lettre datée du 2 avril 2007 portant la référence V/lettre n°007/SSD du 2 avril 2007 et signée par le Secrétaire général Yacouba Katilé, les mentions suivantes :

« Le Bureau exécutif de la Section Syndicale des Douanes.
– Considérant le retard accusé par le gouvernement dans l’exécution du Protocole d’Entente signé le 15 juillet 2006 entre celui-ci et la Section Syndicale, notamment en ses points 1, 2, 4, 5, 7, 9 et 15 ;
– Considérant la non satisfaction des points suscités lors des négociations du 19 au 20 mars 2007 ;

Décide d’observer une grève de 72 heures allant du mercredi 18 au vendredi 20 avril 2007 à 00 h 00mn sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à la satisfaction des points ci-dessus énumérés.

En cas de non satisfaction de ces points, la Section Syndicale des Douanes se réservé le droit d’entreprendre toutes les actions légales pour faire aboutir ses revendications
« .

Cette radicalisation de la position de la section syndicale des douanes n’est en fait que le fruit de la politique de tergiversation et de la mauvaise foi manifeste de nos gouvernants actuels.

A cause de cette attitude défaitiste, c’est toute l’administration d’État qui risque d’être paralysée. Le Syndicat national des travailleurs des Administrations d’État qui a jusqu’à présent adopté une position de prudence a aussi décidé de voler au secours de la Section Syndicale des douanes qui est une de ses quinze sections affiliées.

En effet, lors de ce point de presse, le Secrétaire Général du SYNTADE et non moins Secrétaire Général de l’UNTM, Siaka Diakité, a clairement fait savoir : « si avant les quinze jours, il n’y a pas de satisfaction sur les points des revendicateurs, l’ensemble des 15 sections du SYNTADE accompagneraient la Section Syndicale des Douanes« .

C’est un ultimatum qui est ainsi lancé au gouvernement de la République du Mali par la Centrale Syndicale des agents de l’Administration d’Etat. Aux dires de Siaka Diakité « on avait l’impression lors des débats au sein de la Commission qu’il y avait une sorte de renégociation. Or les points qui étaient là sont des acquis ».
Selon lui, il y a une mauvaise foi manifeste du gouvernement par rapport à l’exécution des points convenus.

Le Syntade, dira-t-il, tout en apportant son soutien indéfectible et sans faille à la Section Syndicale des douanes prendra toutes les dispositions pour aider les douaniers. « Nous ne luttons et nous ne nous battons que pour le bien-être de la corporation. C’est du mépris, du manque de considération, une tentative de discrédit de ceux en charge de la gestion de l’État qui tentent de mettre sur le syndicat« , fera savoir Siaka Diakité.

Cette colère de Siaka Diakité et de Yacouba Katilé s’explique par les fausses promesses du gouvernement. Ce dernier après avoir signé un protocole d’Entente avec la section Syndicale des Douanes le 15 juillet 2006 refuse aujourd’hui de l’appliquer. Le chronogramme d’exécution qui a été élaboré n’a jamais connu tant soit peu un début d’exécution. Les manoeuvres dilatoires sont privilégiées au respect de l’engagement pris.
Mais entre temps, c’est le trésor public et les recettes douanières qui saignent.

Birama Fall

05 avril 2007.