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Les élections générales au Mali doivent se tenir dans huit mois. Le compte à rebours a commencé au niveau des formations politiques.

La bonne organisation d’élections libres et crédibles est au centre des préoccupations malgré les dispositions prises par l’administration qui entend convaincre de sa bonne foi. Le souci de certains partis tourne autour d’un renforcement du dispositif de contrôle du scrutin.

Mais, il s’agit là d’inquiétudes qui semblent déjà prises en compte par l’Etat. En effet, la loi électorale adoptée dernièrement par l’Assemblée nationale est très évocatrice de cette bonne volonté de l’Administration qui a en charge l’organisation des élections avec d’autres structures (Ceni, DGE…) sans pour autant bénéficier de la confiance de tous.

Ainsi, après quinze années d’existence, une évaluation de la loi électorale a été faite. Cette loi a été « purifiée ». C’est cela qui explique que, contrairement aux élections de 2002, les bureaux itinérants ne sont plus retenus par la dernière loi qui, toutefois a revu à la hausse le nombre de bureaux fixes qui atteindraient les 19 000 sur l’ensemble du territoire national.

Considéré depuis un certain temps comme vidé de sa
substance, la commission électorale nationale indépendante (Ceni) a vu, avec cette nouvelle loi, ses mission renforcées avec un rôle beaucoup plus important dans le contrôle et le suivi des opérations électorales.

S’y ajoute la possibilité d’intenter une action en justice contre les résultats au cas où elle estime que ceux-ci ont été entourés de fraude grave et inexcusable. Mais une autre innovation et pas des moindres apportée à la loi électorale nouvelle formule c’est sans contexte les « barrages » qu’elle place face aux candidatures « folkloriques« .

Profitant d’une disposition de la Constitution qui, entre autres, dispose que tout malien peut être électeur et éligible, certaines personnes n’hésitent pas ou plus à se faire enregistrer sur la liste des candidats à la présidentielle pour des raisons variables d’un candidat à l’autre.

L’Etat – afin de décourager les candidatures fallacieuses et opportunistes – a, à travers la nouvelle mouture de la loi électorale, élevé le taux de la caution présidentielle qui passe de 5 millions en 2002 à 10 millions pour les élections à venir. Le coût estimatif de ces élections serait de 15 milliards selon une source proche du ministère en charge de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.

A ce premier « barrage » vient s’ajouter un deuxième rempart. Il s’agit de l’exigence faite aux éventuels candidats d’obtenir un certain nombre de signatures de la part de conseillers nationaux. Toutes choses qui permettront, en principe, de décourager ceux qui ne briguent la magistrature suprême que pour enrichir leur curriculum vitae.

Oumar Diamoye

05 septembre 2006.