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Le 1er juillet dernier, alors que venait de s’achever le sommet du G5 sahel sur l’opérationnalisation de la force commune anti-terroriste, des islamistes de Boko Haram ont choisi de semer la mort et la désolation à Ngalewa, du nom de ce village situé à 110 km à l’Est de Diffa, au Niger.

Arrivés aux environs de 21h, à dos de chameaux et de chevaux, ils ont tué neuf civils et enlevé une cinquantaine de personnes. Sauf oubli ou omission, c’est la première fois que Boko Haram opère un enlèvement sur le sol nigérien, comme ce fut généralement le cas au Nigeria voisin où des rapts ont lieu presque tous les jours que Dieu fait. Aussi est-ce la première fois, de mémoire, que des djihadistes de Boko Haram attaquent un village au moyen de chameaux et de dromadaires ; les engins motorisés étant interdits de circuler la nuit dans certaines localités du Niger. C’est dire qu’en dépit des mesures prises, l’ennemi ne baisse pas les bras. Même affaibli, il rivalise d’ingéniosité si fait qu’il arrive à frapper là où on l’attend le moins. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attaque de Ngalewa constitue un véritable pied de nez aux dirigeants du G5 Sahel et leur mentor Emmanuel Macron, qui croient dur comme fer que la mise en œuvre de la force antiterroriste réduira la marge de manœuvre des djihadistes qui écument la sous-région. On attend de voir puisqu’en réaction à l’initiative des têtes couronnées du G5 Sahel, on assiste depuis peu à une sorte de propagande qui ne dit pas son nom. C’est, du reste, le cas de la vidéo publiée par Iyad Ag Ghali, montrant les six otages détenus par lui et ses hommes, à la veille de l’ouverture du sommet de Bamako. Ce qui sonne comme une réponse du berger à la bergère.

L’attaque de Ngalewa vient rappeler l’urgence de la mise en œuvre de la force commune du G5 Sahel

C’est dire donc que parallèlement au déploiement de la force sahélienne, les djihadistes fourbissent leurs armes. Sans doute échafaudent-ils des plans en vue de déjouer toute stratégie militaire qui viendrait à être mise en place. Et ce qui s’est passé au Niger en est une preuve. Car, alors qu’on s’attendait à les voir venir avec des colonnes de motos ou de pickups comme ce fut le cas de par le passé, ils ont créé l’effet de surprise en débarquant à dos de chameaux et de chevaux. Alors, que faire ? C’est le lieu de privilégier la collaboration entre populations et forces de l’ordre, c’est-à-dire le renseignement qui, en pareille occurrence, doit guider toute action militaire. C’est à ce prix que l’on pourra porter l’estocade à ces individus sans foi ni loi, qui ont choisi de troubler le sommeil des honnêtes citoyens. En tout cas, pour ceux qui en doutaient, l’attaque de Ngalewa vient rappeler à tous que la mise en œuvre de la force commune du G5 Sahel relève désormais d’une urgence sous peine de voir la sous-région devenir le sanctuaire des djihadistes mis en déroute en Irak, en Syrie et en Afghanistan. Le jeu en vaut donc la chandelle.

B.O

Le Pays du 04 Juillet 2017