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Considérant que le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique est incompétent à signer le règlement intérieur de l’Université, le Syndicat national des enseignants du supérieur (Snesup) rejette le nouveau règlement qu’il juge « falsifié ».

Le 15 septembre 2008, à la faveur d’un arrêté signé par le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique que le nouveau règlement intérieur de l’Université de Bamako est entré en vigueur.

L’application de ce règlement, qui traite de tous les domaines de la vie universitaire (pédagogie, formation, recrutement, discipline, renumérotation, congés, sécurité…), est censée pallier les nombreux dysfonctionnements dont soufrent les établissements universitaires.

Cependant, le document ne fait pas l’unanimité auprès de certains partenaires de l’école dont le Syndicat national des enseignants du supérieur (Snesup). Selon le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, le rejet du règlement intérieur de l’Université par son syndicat s’explique par deux raisons.

D’abord notre interlocuteur estime que le ministre n’est pas l’autorité directe de l’Université, jalouse de son autonomie. « Normalement, c’est le recteur qui doit signer le règlement intérieur, mais pas le ministre », soutient Dr. Mallé.

Aussi, le syndicat des enseignants du supérieur révèle que le texte du règlement intérieur a été « falsifié ». En effet, au Snesup on croit que le texte qui a été adopté par le Conseil de l’Université n’est pas celui qui a été signé comme document final. D’où sa décision de rejeter le nouveau règlement. « Nous rejetons en bloc le nouveau règlement intérieur de l’Université qui n’a pas respecté les principes en la matière », affirme Dr. Mallé.

Contrairement au Snesup, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) n’a aucun grief contre le règlement qu’il juge d’ailleurs opportun. Hamadoun Traoré, secrétaire général du bureau de coordination de l’AEEM, salue les amendements faits au niveau de la gestion de l’espace universitaire qui n’est plus du ressort des étudiants. Selon M. Traoré, cette décision va éviter des querelles inutiles des étudiants autour de la gestion des parkings et des dortoirs.

« Je pense que le rôle d’un étudiant n’est pas de gérer quoique ce soit. Il revient au Centre national des œuvres universitaires (Cenou) d’assurer la gestion des dortoirs et des parkings » , note le secrétaire général de l’AEEM.

Le règlement intérieur de l’Université est un document qui a un caractère contraignant. Il a pour objet de fixer les règles relatives à tous les domaines de l’Université, mais déjà le document semble mal accueilli. Une situation qui suscite l’inquiétude dans les milieux universitaires.

Amadou Waïgalo

29 Janvier 2009