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Bamako n’est pas le Cotonou des Zimedjans (moto-taxis).

Mais ici comme au Bénin, se déplacer pour son travail, pour aller à l’école ou pour ses loisirs est un besoin primordial que de nombreux usagers ont de plus en plus de mal à satisfaire. Face à l’incapacité chronique des services de transports structurés à répondre à une demande croissante, l’Agence nationale pour l’emploi a pensé à une solution : introduire les motos taxis dans certaines capitales régionales.

Ce moyen de transport qui présente le double avantage de la souplesse et de l’accessibilité avait, à la réflexion, tout pour plaire.

Rien d’étonnant dans ce cas que l’initiative ait débarqué à Bamako. Les moto-taxis pilotées par des promoteurs privés ont déboulé dans le District par le quartier de Yirimadio.

Terminus : La tour de l’Afrique

La route reliant la cité des logements sociaux de Yirimadio à la route de Ségou accueille actuellement ces engins à trois roues. Avant leur arrivée, cette partie de la ville était desservie par de rares minibus et quelques bus de Diarra Transport.

Le matin pour rallier le centre ville, les habitants du quartier dépourvus de moyens de déplacement propres avaient le choix entre une longue attente et un pénible exercice pédestre jusqu’à la tour de l’Afrique pour y attraper un bus ou faire du stop.

Depuis l’arrivée des « Taxinis« , ce dilemme a été rangé au rayon des mauvais souvenirs. Les moto taxis ratissent les quatre blocs de la cité à la recherche de clients, font le plein de passagers et déversent leur cargaison à la Tour de l’Afrique, leur terminus.

Ce moyen de transport a soulagé les élèves, les salariés mais aussi les femmes de ce secteur qui ne sont plus obligées de se contenter des marchés de Yirimadio pour leurs courses. Les marchés de ces nouveaux quartiers ne sont, en effet, pas très achalandés et nombre de ménagères préfèrent s’approvisionner dans le centre-ville.

Avec les taxinis, elles gagnent du temps mais surtout, une fois les courses faites, elles ne sont plus contraintes de se coltiner leurs provisions tout le long du tronçon mal desservi pour regagner leur maison. Idem pour les personnes qui stressaient devant la nécessité d’attraper un bus pour aller au travail, à l’hôpital Touré ou pour regagner « ATTbougou« .

Les taxinis ont donc utilement rempli un vide, rapprochant les cités de la ville. Mais ce mérite ne peut occulter des inconvénients qui, eux aussi, sautent à l’oeil. Les moto-taxis occasionnent, en effet, de nombreux accidents à cause du manque de maîtrise des conducteurs, de leur méconnaissance du code de la route, de la surcharge des cabines, des excès de vitesse.

Certains conducteurs expliquent qu’à l’instar des Sotrama, il leur faut aller vite pour pouvoir réunir la forte recette journalière exigée par l’employeur.

Cet employeur, comment le contacter pour avoir son point de vue ? De crainte de perdre leur emploi, les conducteurs sollicités ont refusé de communiquer son contact.


Véhicules de livraison.

A la mairie du District de Bamako, Boubacar Diarra, le directeur de la régulation de la circulation du transport urbain, confirme que les « taxinis » n’ont pas encore l’aval des autorités municipales pour exercer.

C’est très récemment, révèle-t-il, que le maire a été saisi par le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi. Le patron de l’ANPE demandait à l’édile de l’appuyer auprès de l’Office national des transports afin de trouver une autorisation pour les promoteurs de taxinis dans le District.

La mairie a donc adressé une correspondance au directeur national des Transports terrestres maritimes et fluviaux pour l’inviter à convoquer une réunion de concertation sur la question. La mairie du District se propose aussi d’inscrire la question à l’ordre du jour de la prochaine réunion du conseil régional du transport du District, a annoncé Boubacar Diarra.

Pour le directeur général de l’ANPE, l’extension de l’initiative participe de la promotion de l’emploi au Mali. Lancée en février dernier, l’introduction des moto-taxis répond à un double souci : créer des emplois et faciliter la circulation des personnes. Il a souhaité, par conséquent, ouvrir des lignes de motos taxis dans la périphérie de Bamako, notamment à Yirimadio, Moribabougou.

Nouveautés dans le transport des passagers, ces engins sont déjà utilisés par des entreprises de la place comme véhicules de livraison. Importés de Chine ou d’Inde, ces tricycles qui coûtent 800 000 Fcfa l’unité, ont connu un écoulement timide au départ mais leur marché s’anime de plus en plus. Et va continuer à le faire si on se fie à l’expérience de Yirimadio.

Ces véhicules sont en effet parfaitement adaptés pour des liaisons rapides et relativement courtes sur des tronçons peu intéressants pour les Sotramas mais harassants pour un piéton.


A O. Diallo

28 Mai 2008