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Ils sont trente hommes et femmes sur lesquels repose l’espoir de tout un peuple, pris à la gorge par une crise sans précédent, et qui les voit en bouée de sauvetage.

Avec six entrants et huit sortants, le Premier ministre Diango Cissoko, pour qui c’est le compte à rebours de la feuille de route de l’accord-cadre du 6 avril 2012, a choisi la continuité en maintenant à leurs postes les ministres qui doivent contribuer le plus à l’atteinte des deux objectifs de la transition (la reconquête du Nord et l’organisation des élections) pour un délai consommé de 60 % environ.

Le général Youmoussa Camara reste à la Défense et aux Anciens combattants. Tout comme le colonel Moussa Sinko Coulibaly, qui renforce sa position en ayant en plus de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, l’Aménagement du territoire et un ministre délégué pour le seconder. Il doit se consacrer plus à l’Administration du territoire, donc à l’organisation des élections post-crise.

Tiéman Hubert Coulibaly (Affaires étrangères et Coopération internationale) et le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Tiéfing Konaté (souvent contesté) ont passé entre les mailles du filet. Comme pour dire que le président et le Premier ministre reconnaissent malgré tout des avancées à consolider dans leurs domaines respectifs.

Adama Ouane (Education et Alphabétisation), Alfa Bocar Nafo (Energie et Eau), Mme Traoré Rokiatou Guikiné (Maliens de l’extérieur et Intégration africaine), Mme Diallo Fadimata Touré (Logement, Urbanisme et Affaires foncières), Mamadou Coulibaly (Equipement et Aménagement du territoire), Pr. Harouna Kanté (Enseignement supérieur et Recherche scientifique), Dr. Yaranga Coulibaly (Agriculture) et Boubacar H. Kébé (Culture) quittent l’équipe.

Si les ministres en charge de l’Education nationale font les frais des mauvais résultats scolaires de l’année dernière, pour le secondaire, et le retard dans la reprise dans l’enseignement supérieur, il se dit que la plupart des personnalités débarquées sont des « amis« du Premier ministre limogé dans la nuit de lundi à mardi dernier.

Les nouveaux entrants sont : Pr. Messa Ould Mohamed Lady (Enseignement supérieur et Recherche scientifique), Baba Berthé (Agriculture), Yaya Ag Mohamed Ali (Artisanat et Tourisme), Mme Diané Mariam Koné (Elevage et Pêche), Manga Dembélé (Communication et PPG), Abdourahmane Oumar Touré (délégué à la Décentralisation et à l’Aménagement du territoire).

A l’exemple du colonel Moussa Sinko Coulibaly, le remaniement a renforcé la position de Bocar Moussa Diarra qui hérite désormais d’un super ministère de l’Education, de l’Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l’Instruction civique. Le lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré devient ministre de l’Equipement et des Transports à la place de ministre des Transports et des Infrastructures routières. Me Demba Traoré aussi monte en grade en étant ministre à part entière des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine après avoir été délégué à la Décentralisation.

David Sagara est muté de l’Environnement au Logement, Urbanisme et Affaires foncières comme Makan Tounkara qui va de l’Elevage et la Pêche à l’Energie et à l’Eau ; Ousmane Ag Rhissa de l’Artisanat et du Tourisme à l’Environnement et à l’Assainissement. Bruno Maïga passe de la Communication à la Culture.

On note surtout dans l’équipe l’arrivée de trois Touaregs qui, en sus de leur appartenance politique, représentent surtout les régions du Nord à un si haut niveau en cette phase critique de l’histoire du Mali. Jamais auparavant trois Touaregs n’avaient siégé ensemble sur la table du gouvernement, signe que Bamako est pour le dialogue social et la négociation.

Aux uns et aux autres de donner la preuve de leur attachement à un Mali uni, prospère et démocratique.

Abdoul M. Thiam

Les Echos du 17 Décembre 2012