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Après la nomination de Diango Sissoko au poste de Premier ministre, le chef du parti des tisserands (RPM), Ibrahim Boubacar Kéita, ne cesse de faire des éloges à l’endroit de ce dernier. Selon le leader du RPM, Diango Sissoko est un commis de l’Etat et une personne de grande capacité d’écoute qui se servira du consensus pour mener la transition à bon port. Mais au-delà de ses déclarations, IBK cherche aussi à positionner ses hommes en vue d’espérer sur une manne financière pour la présidentielle de 2013.

Le nouveau Premier ministre fait le consensus au sein de la classe politique et de la société civile, toute chose qui est un gage pour la bonne conduite de la transition. Diango Sissoko ne cesse de recevoir des éloges et félicitations venant de leaders politique et religieux. Mais parmi ces admirateurs, c’est plutôt le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) qui donne à réfléchir. En effet, dans une déclaration faite sur une chaîne de radio internationale, Ibrahim Boubacar Kéita s’est dit prêt à être un acteur actif dans le nouveau gouvernement.

Le parti des tisserands veut ainsi apporter sa pierre à la reconstruction nationale, surtout que le gouvernement de Cheick Modibo Diarra l’avait « recasé » dans un ministère « moribond » de la Promotion, de l’Alphabétisation et de l’Instruction civique. Toute chose qui avait choqué les militants du RPM qui ne voulaient plus entendre parler de l’ex-Premier ministre dont la démission forcée a donc constitué une bouffée d’oxygène pour ce parti. Et comme le Mali aborde le dernier virage de la transition, Ibrahim Boubacar Kéita ne veut pas se laisser narrer cette partie de l’histoire De son pays.

En décidant donc de participer à ce gouvernement, le leader du RPM veut, à travers ses ministres, se refaire une santé financière pour son parti dans l’attente de la présidentielle de 2013. Et quand on sait qu’avant le coup de force du 22 mars dernier, beaucoup d’argent a coulé pour épater et appâter l’électorat. Ce qui fait que la majorité des partis politiques dispose aujourd’hui un compte bancaire déficitaire. Il faudra donc renflouer les caisses avec d’autres sources de revenus. Sachant qu’un poste de ministre pourra renflouer financièrement les caisses du parti, IBK veut donc peser de tout son poids auprès du nouveau Premier ministre pour espérer obtenir un ou deux postes dans le nouveau gouvernement. Comme quoi, le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore.

Avec son statut actuel de député, IBK ne peut faire face aux nombreuses sollicitations des militants à la base. Il a donc besoin d’être épaulé dans cette tâche. Et sa trouvaille semble être la meilleure pour espérer souffler un peu, surtout qu’au sein des militants de son parti, le doute a commencé à naître concernant le poids politique de leur leader, et cela, depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012, étant donné que depuis un certain temps, il est muet comme une carpe.

Paul N’Guessan

Le Combat du 14 Décembre 2012