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Le contexte socio politique du pays laisse entrevoir que les membres du gouvernement nommés hier ont plus de missions à accomplir que de pouvoir à exercer.

Attendue pour être publiée le mardi 24 avril 2012, la liste de la nouvelle équipe gouvernementale est enfin tombée hier mercredi. Comparé à l’ancienne équipe, la taille du nouvel attelage gouvernemental est réduite : une vingtaine contre une trentaine. En voyant la composition du nouveau gouvernement, l’on se rend compte qu’il regorge de nouveaux visages mais aussi d’anciennes figures qui ont servi le Mali par le passé.

C’est le cas par exemple de l’actuel PDG de la CMDT, Tiéna Coulibaly qui a été ministre des Finances sous le régime GMT de même que Moussa Léo Sidibé qui a occupé les fonctions de PDG à l’Office du Niger avant de devenir plus tard secrétaire général du ministère de l’Agriculture d’où il a fait valoir ses droits à la retraite en décembre 2011.

Dans l’imagination collective, les membres du gouvernement d’union nationale (!!!?) bénéficient de préjugés favorables. Mais seul le temps dans l’exercice de leurs nouvelles fonctions nous édifiera. En réalité, les promus ont plus de missions à accomplir que de pouvoirs à exercer dans le contexte actuel du Mali. Ils sont à la fois attendus sur le terrain de la reconquête de l’intégrité territoriale du pays, l’organisation d’élections crédibles et transparentes. Mais ce qui urge, c’est la reconquête des trois régions tombées entre les mains des bandits armés.

Et personne ne sait combien de temps cela prendra au nouveau gouvernement d’union nationale. Après quoi il peut être question de l’organisation des élections. La nomination du nouveau gouvernement de « missions » intervient à un moment où le Mali est divisé, fragilisé du fait de l’action des irrédentistes. C’est toute la délicatesse de la mission de la nouvelle équipe gouvernementale.

Et c’est sur le terrain du rassemblement, de l’unité d’action des fils du Mali, de la restauration, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale plus que jamais mise à mal que les femmes et les hommes qui composent la nouvelle équipe gouvernementale sont attendus. Les nouveaux membres du gouvernement devront se considérer plus en sacerdoce qu’en exercice de fonction de prestige. Les défis à relever sont grands.

Le gouvernement d’union nationale n’a pas droit à l’erreur. Le temps joue contre nous et chaque minute qui passe compte pour le Mali. Au-delà du formalisme et des aspects protocolaires, il appartient au nouveau gouvernement de remettre dès à présent le pays au travail et de restaurer la confiance entre les citoyens. Chacun d’entre eux doit se sentir interpeller, doit avoir constamment à l’esprit qu’il a entre ses mains l’avenir et le devenir des millions de Maliens.

L’heure n’est plus aux mesquineries politiques ou au règlement de comptes. Mais le Mali d’abord et toujours le Mali.

Mohamed Daou

Le 26 Avril 2012