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Le projet de formation du gouvernement d’union nationale tant prôné par la communauté internationale a été soutenu contre vents et marées par des tendances politiques et sociales dont le pivot était le FDR. Malheureusement, en voulant régler le compte de son adversaire, on risque de se faire humilier. Aussi, au-delà de la colère contre le maître de la Primature, nombreux sont les ministrables du FDR dont les rêves ont volé en éclats lors de la composition de ce gouvernement.

C’était peut-être du à l’enquête de moralité? Le Premier ministre ne pouvait pas démissionner car il tenait à tout prix à servir son pays. Mais la configuration de ce nouveau gouvernement désormais opérationnel a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pour le FDR, 8 CV (Curriculum vitae) étaient sur le bureau de la Primature, dont celui d’un certain Amadou Goïta, porte-parole de cette tendance politique ayant en son temps condamné avec la dernière rigueur le coup d’Etat militaire du 22 mars dernier. Pourtant, Goïta nourrissait beaucoup l’espoir de se retrouver dans ce gouvernement. Au delà du fait que les 8 postulants du FDR ne pouvaient pas tous faire partie du gouvernement, il y avait surtout cette enquête de moralité exigée par le Premier ministre qui aurait créé d’énormes surprises.

Autant dire que le porte-parole du FDR est tombé de haut suite à cette procédure d’enquête de moralité.
De mars à nos jours, Amadou Goïta n’a cessé de se précipiter sur les scènes médiatiques en tentant non seulement de justifier le sens du combat du FDR, mais de convaincre le peuple malien de renouveler sa confiance au Front. Sous les couleurs du FDR, M. Goïta avait promis de rendre l’impossible possible en voulant pousser le Premier ministre à la démission. En réalité, cette ouverture du gouvernement à 33 ministres au lieu de 24 devrait servir, pour le Premier ministre, à racheter et dissimuler certaines erreurs au peuple.

Puisque le dernier mot revenait au Premier ministre, Amadou Goïta ne méritait peut-être pas un poste ministériel, surtout après tant de frustrés comme Fatoumata Siré Diakité. Dans son itinéraire politique, Amadou Goïta avait été fortement remarqué aux côtés de Jeamille Bittar dans le cadre des campagnes pour la présidentielle avortée de 2012. Mais auparavant, il avait milité au sein du Mouvement citoyen (MC) avant de se retrouver dans le Parti pour le développement économique et social (PDES) sous la présidence de l’ancien ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga. Par ailleurs, il y a ceux qui n’ont voulu ni entrer ni opter pour ce gouvernement d’union nationale : c’est le cas de Moussa Mara et Mountaga Tall par exemple. Mais le dernière décision revient au peuple à la faveur de la concertation nationale.

M. Bellem

Le Combat du 30 Août 2012