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Annoncé depuis plus de deux ans, le nouveau gouvernement peine à voir le jour. Plus de cinq mois ont passé depuis la réélection d’ATT et plus deux semaines se sont écoulées après l’ouverture de la session extraordinaire de la quatrième législature sans que les Maliens soient fixés sur leur sort qui est intimement lié à la personnalité de l’exécutif.

Le président de la République Amadou Toumani Touré (ATT), qui rempile pour un second et dernier quinquennat, a-t-il les mains véritablement libres pour procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement ? La question taraude les esprits de plus d’un observateur de la scène politique.

En juin 2005, le président ATT avait coupé court aux rumeurs relatives à un remaniement ministériel. Il déclarait à l’occasion de son traditionnel débat de presse du 8 juin, commémorant son accession au pouvoir, « qu’il attendait d’avoir toutes les cartes en main pour se décider ».

A l’époque, des informations faisaient de plus en plus état de la détérioration du climat entre lui et le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita, avec comme conséquence la sortie du gouvernement du représentant de ce parti. Le président ATT avait préféré le terme de « réaménagement technique », qui signifierait à son entendement le remplacement des ministres nommés sous la bannière d’un parti politique et qui ne voudraient plus rester dans le bateau du consensus.

Les mois et les années ont passé, il n’y a pas eu de remaniement ou même de réaménagement technique du gouvernement. Même la démission du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Nancoma Kéita, juste après l’élection présidentielle du 29 avril 2007, n’a pas fait bouger le président de la République.


Cacophonie

L’opinion nationale attendait la rentrée de l’Assemblée nationale le 10 septembre 2007 pour s’attendre à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale. Peine perdue.

L’homme du consensus, au profit de qui une quarantaine de partis politiques et une kyrielle d’associations ont tout mis en œuvre pour sa réélection et qui a recueilli plus de 70 % des suffrages est resté otage de ce même consensus qu’il a forgé à sa manière.

ATT lié par ses promesses semble oublier que la Constitution lui donne les pleins pouvoirs de nommer le Premier ministre de son choix et les ministres sur propositions du Premier ministre.

Depuis plus de deux ans, les mêmes supputations vont bon train. Comme si d’aucuns avaient le sort lié à un changement de gouvernement, le pays semble arrêté de fonctionner. L’actualité majeure n’est dominée que par ça.

Entre-temps, certains se sont lancés dans une campagne médiatique pour être Premier ministre ou ministre. Il n’y a pas de jour qui passe tant qu’un cadre proche d’ATT ou un grand inconnu ne soit présenté dans la presse comme étant le successeur de l’actuel Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga

D’autres sont même présentés comme des hommes du président à qui il aurait promis le sésame.

Abdrahamane Dicko

18 septembre 2007.