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En affirmant que le peuple malien a besoin des partis politiques, le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, a fait une bonne entrée en matière avec les Chefs de partis, lundi dernier, au Gouvernorat du district de Bamako. En effet, cette prise de contact a mis du baume au cœur des responsables de partis, après tant de dénigrements, après la chute de l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré.

En notant qu’il est impossible d’imaginer le jeu démocratique sans les partis politiques, le ministre a contribué au respect des personnalités censées lutter pour la conquête et l’exercice du pouvoir. Le dialogue, sans nul doute avec la classe politique ne serait pas de tout repos, car plusieurs sujets de discorde existaient entre les acteurs politiques et le pouvoir précédent. A ce titre, on peut noter la mésentente au sujet du fichier électoral qui avait poussé certains responsables politiques à demander si le gouvernement ne leur manifestait pas du mépris, en ignorant la majorité des partis politiques qui s’est prononcée pour un fichier établi sur la base du Ravec et pour se voir imposer un fichier issu du Race.

Ils avaient finalement avalé la couleuvre du fichier électoral consensuel, qui, en réalité n’était qu’une pâle copie du Fichier Race. Le nouveau ministre, Moussa Sinko Coulibaly, semble corriger le tir en soutenant que l’un des piliers de la vie constitutionnelle et de la vie démocratique d’un pays passe par les élections libres et transparentes, donc adossées sur un fichier crédible. Parmi les autres pommes de discorde auxquelles il faudra s’atteler figure l’opportunité ou non de la tenue d’un référendum constitutionnel.

Le pouvoir ATT tenait à la révision constitutionnelle dénoncée par des personnalités politiques, des juristes et des membres de la société civile. Un autre défi qui s’ajoute notamment à celui de la désignation des membres de la Ceni dénoncée par certains partis politiques. Autant de sujets de préoccupation au travers de la gorge de la classe politique et auxquels il faudra s’atteler. Pour réussir à instaurer un vrai dialogue, dans le cadre de la concertation entre la classe politique et le nouveau gouvernement, le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, devra relever ces défis pour que les jalons des futures élections soient bien posés.

Baba Dembélé

09 Mai 2012