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La case de la jeunesse malienne brûle. Au-delà de la crise politico sociale et sécuritaire que traverse notre pays avec la prise en otage du septentrion, les jeunes maliens n’arrivent pas à s’entendre. En effet, après la crise que traversait l’AEEM avec tous les problèmes qu’on connaît, c’est le Conseil Nation des Jeunes du Mali (CNJ-Mali) qui est en passe de voler en éclats. Un bureau parallèle vient en effet d’être porté sur les fonts baptismaux.

L’on ne comprend pas en effet pour quelle cause et pour quel effet des jeunes dissidents se sont mis à porte-à-faux avec le bureau actuel du CNJ-Mali présidé par Abdoulaye Touré et M. Guèye. Lors de la mise en place de leur bureau illégal à la Maison de la Presse samedi dernier, ils affirmaient : «Nous attendons de tous les jeunes maliens et de toutes les Maliennes à rendre service à leur Nation, de faire dos à l’obscurantisme et de sortir des ombres pour accoupler nos efforts bien moraux, physiques que matériels en vue de les mettre au service de notre Patrie. Nous avons trop parlé, trop bavardé et il est grand temps qu’on rende pratiques et concrètes toutes ces intelligences théoriques développées ces derniers temps. Il nous faut agir maintenant, sinon il sera trop tard, et dans ce cas, chacun de nous serait coupable d’autant que nous le sommes déjà».

Ces propos du porte-parole dit du Comité de crise des Associations et Organisations de la Jeunesse du Mali, Mory Samaké, laissent perplexes. S’agit-il d’un réveil tardif ? Cela nous paraît clair surtout quand on sait que le nouveau bureau mis en place à l’issue du Conseil extraordinaire de samedi dernier et présidé par Oumar Maïga, crée un nouveau bicéphalisme à la tête du CNJ-Mali.

On se rappelle encore qu’après le Congrès de Tombouctou, le CNJ-Mali était sorti affaibli et très divisé. La jeunesse malienne se regardait en chiens de faïence et cela, à la solde des politiciens véreux. Il a fallu de nombreuses tractations pour unifier les camps Blo et Guèye du CNJ-Mali. Pourquoi alors un surgissement de la crise ? Et de quel pouvoir juridique se prévaut ce nouveau bureau ?

Ce qui nous surprend énormément, c’est que les membres de ce bureau ont des propos haineux et ils n’arrivent même pas à nous dire leurs ambitions réelles, si ce n’est de destabiliser le bureau légal actuel du CNJ-Mali. Ils soutiennent, comme ce fut le cas du Capitaine Amadou Haya Sanogo, que ce bureau actuel est «incompétent». Et il fallait être à ce Congrès dit extraordinaire, pour voir certains congressistes exhiber publiquement leurs macarons du CNRDRE. De qui se moque-t-on, si n’est pas chercher à diviser la jeunesse malienne ?

Non, il est temps qu’on arrête les commérages et les déstabilisations. Si changement, il doit avoir en passant par la jeunesse malienne, la plus grande frange d’ailleurs de la population malienne, il doit se faire progressivement et non de façon brutale. Aujourd’hui, plus que jamais, la jeunesse a besoin d’être unifiée et non d’être divisée. A qui profite cette situation conflictuelle, si ce n’est à des ambitions personnelles et partisanes ? En ouvrant ce nouveau feuilleton, ce Comité dit de crise crée une nouvelle crise inutile au sein de la jeunesse malienne. Nous y reviendrons.

Basile COULIBALY

Le Guido du 22 mai 2012