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Le 26 mars 1991 est une année mémorable au cours de laquelle beaucoup de citoyens sont morts et beaucoup de sang a coulé, et tout cela pour atteindre des objectifs : entre autres, la quiétude, la concorde, la transparence et la justice dans un pays démocratique et républicain.

En 1992, le rêve, voire le souhait des Maliens s’était traduit en réalité avec l’avènement d’un régime démocratique et la promotion du multipartisme. La décentralisation s’est également installée dans chaque localité avec son autonomie de gestion. Le pays devient encore plus républicain avec le projet « un village, une école ». Mais presque tous les efforts consentis au cours des deux décennies passées ont été vains.

Ainsi, notre pays a assisté à toutes les formes de politique dont les acteurs et dirigeants de partis ne pensent le plus souvent qu’à vider les caisses de l’Etat, à accéder aux postes les plus « juteux » et à satisfaire leurs egos et leurs intérêts personnels. Pire, depuis cet avènement démocratique, il n’y a pas encore d’opposition politique digne de ce nom, malgré que des lois soient votées dans ce sens à l’Assemblée nationale. Quant à la société civile, elle ne réagit pas : non seulement elle reste passive, mais elle accepte presque tout venant de l’Etat et du gouvernement. Et c’est justement là tous que le bât blesse !

Des constats amers

L’Etat doit donc s’investir pour freiner immédiatement la gestion médiocre du pays, surtout que le critère de compétence n’est plus de mise, encore moins la base de nomination à des postes de responsabilité au Mali. C’est plutôt le visage du nominé qui est primé : le plus souvent, c’est un parent, un ami…Aussi est-il temps l’Etat fasse marcher l’échelle des valeurs en mettant l’accent sur la promotion de cadres bien formés.

Plus on est bien formé et qualifié, plus on est autonome et moins on est dépendant des autres. Moins on est mal formé, plus on se donne à fond pour avoir du crédit auprès de la population. Appartenir à un parti politique ne doit pas constituer un tremplin pour sauter l’échelle des valeurs. Imaginez par exemple un Conseiller travailler à la mairie sans avoir obtenu même le DEF : C’est vraiment aberrant et révoltant !

Imaginez aussi de jeunes diplômés qui vont faire légaliser leurs diplômes par un non diplômé assis…dans un bureau ! Qu’est ce que ce dernier a appris et qui va-t-il conseiller ? De quelle motivation s’inspireront les jeunes pour étudier à fond s’ils peuvent accéder à tout, même sans diplôme? Le constat d’aujourd’hui, c’est que notre pays n’est jamais tombé aussi bas parce qu’il est tombé entre les mains de petits hommes qui l’ont rendu encore plus petit !

Les plus hautes autorités doivent donc jeter les bases d’un avenir meilleur pour le Mali tout en faisant en sorte que plus jamais ce grand peuple ne soit dirigé par de petits hommes sous le prétexte d’une démocratie déguisée et vidée de toute son essence. Aussi, la jeunesse malienne a fait un constat très amer : les politiciens et les acteurs de la société civile ont « tué » notre démocratie et notre République.

Cheick Oumar Keïta

17 octobre 2012.