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Elle est une dame aux multiples facettes. Mais, elle se targue aujourd’hui d’être une spécialiste en communication-genre, pour avoir été chargée de communication et de partenariats auprès de l’ONU-Femmes au Mali de 2014 à 2017 et aujourd’hui animatrice d’une émission radio dénommée “Mussoya” qui s’incarne en une plaidoirie pour la cause de la femme au Mali. Coumba bah est aussi une activiste dans le cœur et dans l’âme ! Elle participe à plusieurs initiatives citoyennes, particulièrement celles traitant des questions de la jeunesse et des femmes. C’est ainsi qu’elle a initié la plateforme GEMACO – Génération Malienne Consciente et l’Association SOS Démocratie- en 2012. Membre de plusieurs commissions techniques, elle a aussi été jury et mentore de plusieurs programmes, tels que « Demisew Joyoro », « Mali Dambé », « l’Instant Thé », « WomanTechMackers », « l’Association des Jeunes Filles de la Société Civile et des Parties Politiques ». Et c’est loin d’être une liste exhaustive du parcours de notre “ Iron lady, mère de quatre enfants.

En 1990, elle s’est envolée pour les USA, après l’obtention de son Baccalauréat, avec mention « Bien » au Lycée Notre Dame du Niger de Bamako. Au pays de Donald Trump, Coumba obtient son Master en Science et Technologie Alimentaire à l’Université de CORNELL aux USA et un « Bachelor of Science » en Chimie, obtenu au Central State University, dans l’état d’OHIO (USA). Aux USA, elle a travaillé pendant dix ans auprès de multinationales dans le domaine de l’industrie Agro-Alimentaire telles que Cadbury Schweppes, et Hoechst, dans les domaines de la R&D ( Recherche et Développement ); du Contrôle de Qualité; de la Commercialisation et des ventes.

C’est en 2003 qu’elle a décidé de retourner au bercail pour jouer sa partition dans l’édification et le développement social et économique du Mali. C’est un fait aujourd’hui, car Coumba Bah dirige à ce jour, deux structures : Consultante/Formatrice sur le GENRE et co-directrice de « 2C Consulting SARL », une firme de service de concierge, spécialisée dans l’évènementiel et le soutien logistique aux expatrié-es.

une.gifInterview avec Coumba bah…

Comment résumériez-vous votre parcours en un mot ?

Atypique. Mais il était très important pour moi de faire aujourd’hui ce que je veux et vivre ma passion du moment. Après mon cursus universitaire, durant lequel j’ai toujours travaillé en laboratoire, je me suis lancée dans l’agroalimentaire. Après 7 années sabbatiques passées à fonder ma famille, j’ai dû me reconvertir pour travailler en tant que qualiticienne dans l’aviation civile, et maintenant spécialiste communication, avec un intérêt particulier pour les questions de genre et d’inégalité entre les sexes.

Pourquoi un si grand engagement pour la cause féminine ?

Ne dit-on pas que « l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même » ? Pour moi, je ne vois ni ne considère cela comme un engagement mais plutôt comme un plaisir, une nécessité peut-être même du narcissisme à un certain degrés. A quelle autre cause ? Pour qui d’autre devrais-je me battre, élever ma voix, si ce n’est pour moi-même en premier lieu ? C’est vrai que plus jeune dépendant de son vécu, de son environnement, des figures mâles protectrices qui peuvent être présentes, lorsqu’on est une jeune fille, on ne se voit pas trop comme une vraie femme. Mais plutôt comme un être à part entière avec autant de rêves et d’ambitions que le jeune garçon. Hélas, pour bien d’entre nous, la vie de femme-adulte est très souvent un dur et brutal réveil. Dès fois, ce réveil est même très brutal et violent. Et il nous faut nous armer et être solidaires pour assurer notre survie, vivre une vie digne et de qualité en fonction de nos aspirations profondes et individuelles. C’est pour cela que je me bat tous les jours pour moi-même, pour mes filles, pour mes fils. On ne l’admet pas souvent mais la vérité c’est aussi que les femmes ne vivent pas dans des vases isolées. Quand une femme souffre, ce n’est jamais elle seule qui souffre. Ce sera une autre femme ou une fille qui souffrira avec elle, puis un autre homme ou un autre garçon, forcément. La cause féminine c’est la cause humaine et tout le monde devrait y mettre du sien pour la rendre meilleure.

Que dites-vous à ceux qui croient que c’est une lutte acquise ?

Si la lutte est déjà acquise ? Avec des journées comme le 8 mars; le 25 novembre, consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles; des institutions en charge de la promotion des droits de la femme, c’est sûr que ce n’est pas acquis ! C’est très loin d’être le cas. Ce ne sera jamais acquis tant qu’un seul homme pensera et se sentira supérieur à la femme. Nous parlerons toujours, et décrierons toujours tant qu’il y aura un seul homme sur terre qui croira que Eve n’a été créée que pour le plaisir et la compagnie d’Adam.

Quels sont vos projets pour améliorer la condition de la femme au Mali ?

Me consacrer à « Mussoya » pour encore 5 ans et l’asseoir comme un médium de concertation et de recherche d’harmonie entre tous les humains, de tout genre, de tout sexe. Pour moi, c’est Dieu qui crée et qui décide. Il est omniprésent, omnipotent. Si Dieu à créer et accepter de nous voir vivre sur terre alors c’est parce que cela a sa place et son droit sur terre. C’est à cela que je voudrais me consacrer, développer la tolérance et l’amour inconditionnel entre les humains.

Aïssata Keïta

Bamako, le 16 Janvier 2019

©AFRIBONE