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Ni le Forum sur l’éducation nationale, ni le dépit du chef des députés à l’ouverture de la session d’avril de l’Assemblée nationale, encore moins l’intérêt supérieur de la nation n’a encore de réelle prise sur notre école, qui est tombée plus bas que terre avec les revendications et les grèves incessantes tantôt des apprenants, tantôt de leurs professeurs, couplées à l’incurie des autorités.

Vivant sur un nuage, les décideurs, hélas, n’accordent plus que peu d’intérêt aux doléances des acteurs de l’école puisque qu’elles reviennent fréquemment sur la table des négociations ! Pouvait-il en être autrement quand on sait que les fils à papa n’arpentent plus les couloirs des facultés de l’Université de Bamako, voire des lycées.

Mais alors, comment noter les ministres concernés autrement que par un zéro pointé ?

Pourquoi ne pas attribuer la note zéro à l’enseignant qui sait pertinemment qu’en faisant la grève, il participe en quelque sorte à l’arriération intellectuelle d’enfants de milieux pauvres qui ne seront que des diplômés par défaut à cause des années académiques écourtées et plus tard des compléments d’effectifs de leurs camarades d’âge issus de familles qui les auront envoyés étudier à l’étranger ?

Je ne peux pas m’empêcher de voler dans les plumes de ces jeunes gens qui n’ont plus l’attrait des études et qui sautent pratiquement de joie chaque fois que l’occasion d’abandonner les salles de classes se présente à eux de leur chef ou par la volonté d’autres. Les promenades, les fringues et les rallyes moto qu’ils affectionnent en lieu et place de l’apprentissage n’aboutissent pas à un avenir radieux. Ils le savent, mais préfèrent vivre comme des « zéhéros » !

Quid des parents d’élèves ? Ils arguent généralement de leurs difficultés à honorer leurs devoirs qui font que les enfants ne les écoutent plus et n’en font qu’à leur tête. C’est trop court comme explication, car j’en connais qui ont toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, mais qui ont la main mise sur les leurs. De surcroît, « qui aime bien, châtie bien ».

Quand des géniteurs se payent le luxe de faire de leurs enfants, qui n’ont de repère qu’une sous-culture de la violence et les feuilletons à l’eau de rose, ils leur marchent forcément sur les pieds, transgressent les règles.

Tous ces comportements, qui ne sont que des leurres, seraient inadmissibles dans tout pays en construction. Mais là où le suicide collectif est une vocation, il n’y a rien à redire. Pauvre Mali !

Bayer

12 Avril 2010.