Partager

Le ministre de l’Energie et de l’Eau a de l’expérience à son poste. Son CV pouvait en faire le meilleur de tous les temps. Il n’a connu qu’un service employeur. Dommage !

jpg_une-1577.jpgA l’Energie du Mali (EDM-SA), qui détenait le monopole du transport et de la distribution de l’électricité et de l’eau, il a gravi beaucoup d’échelons… Avant d’être nommé ministre, il était le conseiller spécial du DG sortant. Débarqué pour longévité au poste, ce dernier peut se consoler d’être respectueux du bien public.

L’ex-DG est une victime de la chasse aux cadres compétents et honnêtes, sport favori de ministres à la recherche d’occasions d’enrichissement illicite. L’EDM est une boîte à sous. Il fait beaucoup d’achats, surtout de carburant. Cela se comprend aisément dans un pays où la prédation a de beaux jours devant elle.

L’homme a hérité du portefeuille après un passage à l’Elevage et à la Pêche. Là-bas, on s’en souvient, il n’avait rien pu contre la spéculation sur le bélier de Tabaski ; le mouton subventionné n’ayant été qu’une opération de communication de mauvais aloi.

Mais revenons à nos moutons ! Le consommateur qui flairait avec sa venue une amélioration dans la desserte de l’eau dans les quartiers périphériques est désillusionné. Rien n’a changé. Ni qualitativement, ni quantitativement.

La corvée d’eau reste l’apanage de gens quand bien même l’accès gratuit à l’eau potable est un droit de l’Homme. En tout cas, c’est un OMD. Faut-il y mettre une croix ? Et les délestages de jeudi et vendredi soirs à Bamako ?

L’espoir est trop mince avec ce ministre. Il faudrait d’ailleurs s’attendre à avaler d’autres couleuvres sous son « soleil ». Déjà, avec le relèvement de la facture d’électricité de 3 à 7 %, il met les pieds dans le plat du gouvernement, qui ne cesse de jurer que la réduction de la pauvreté est son objectif premier.

Les analystes disent que l’électricité à moindre coût est un facteur de développement. En laissant faire le contraire, le ministre charge les ailes de l’économie nationale, qui a pour moteur le secteur privé. En conséquence, celui-ci va moins produire, va limiter la création d’emplois. D’où la stagnation.

Est-ce cela le vœu d’un cadre, membre d’un parti politique qui veut faire le bonheur des citoyens ? Pourquoi le redressement de l’EDM-SA ne passe pas par la diminution de son train de vie au-dessus du Mali réel ? Les avantages accordés en termes de consommation électrique au personnel et les factures impayées par l’Etat sont des sources de dilapidation sur lesquelles on ferme les yeux.

Pour avoir fait de l’accès à l’électricité et à l’eau une affaire de « nantis » et omis le contexte ; pour n’avoir pas allégé les consommateurs, qui payent leurs factures d’eau et d’électricité séparément en des lieux opposés, pour n’avoir pas encouragé la gestion drastique à tous les niveaux, etc., ce ministre mérite de porter le bonnet d’âne de la classe.

Bayer

Les Echos du 25 Février 2013