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Quatorze ans au même poste remplissent jusqu’au cou un homme. Et s’il veut encore travailler, il n’aura plus rien à prouver en dehors du train-train quotidien, conséquence de la saturation inhérente à la nature humaine, mais s’il veut manger, alors son appétit ira s’amplifiant au point qu’il en arrivera à manger des deux mains, ses deux pieds posés sur sa table de travail.

C’est un peu cette mésaventure qui arrive au directeur général de l’Office malien de l’habitat (OMH). En poste depuis Patraba (Faidherbe) – comme aiment à plaisanter les Bamakois pour parler de la longévité administrative d’un agent de l’État -, il est le seul Malien à pouvoir se vanter d’avoir porté le titre de directeur général de l’OMH si jamais il y avait un big-bang aujourd’hui.

On pouvait lui tresser des lauriers, le porter sur un piédestal s’il avait été de ces cadres vertueux, travailleurs, patriotes… un exemple pour ses jeunes collaborateurs. Au lieu de cela, il a pris sur lui la responsabilité de faire réparer un véhicule de son service au prix du neuf, à peu près à 21 millions de F CFA, ce qui représente le coût de cession de 3 logements sociaux de type F3 en tôle.

Nec plus ultra de la chose : notre brillant cadre indéboulonnable a décidé de gâter aussi quelqu’un en suscitant un avenant, c’est-à-dire un surplus à payer par le contribuable dans les travaux d’aménagement de Diafarana-ko. Ces affaires se sont passées sous nos yeux, Dieu Seul sait ce que nous ignorons.


Que la nuit reste donc un mystère pour le jour !

Il se dit donc intérieurement que le frère du patron repu jusqu’au rot est un épouvantail de plus pour éloigner tous ceux qui veulent être calife à sa place de calife. Et oui, on est au Mali des paradoxes. Le président de la République n’a droit qu’à un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois et l’on crie à la chasse aux sorcières dès qu’un « prédateur », qui a plus de 10 ans de fonction est débusqué.

Qui a déjà parlé de « monstre sacré » ?

Toujours est-il que toutes les contestations autour de la distribution des logements sociaux ne sont peut-être pas forcément des preuves de l’incompétence de la Commission. Avec un homme de la trempe du DG de l’OMH, capable de tous les excès de zèle, il n’est pas interdit de penser qu’elle est torpillée pour prendre tous les coups.

La note zéro qu’il mérite n’est qu’un moindre mal. L’homme pieux est celui là qui refuse de céder aux caprices réels ou supposés de son supérieur et se garde de dilapider l’argent public, qui craint le Grand Jour, quitte à perdre son fauteuil. Dommage !

Bayer

28 Juin 2010.