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PEINTURE

La peinture sur support « à accrocher » (tableau) n’a pas de tradition au Mali. Elle a commencé seulement après l’indépendance. La peinture traditionnelle qui existait est essentiellement décorative.

Monochromes et polychromes, ces décors ornaient des objets (masques, statuettes, fétiches etc.), des constructions en terre (sanctuaires, maisons), des tissus (pagnes ou habits divers) et quelques fois des lieux naturels où se déroulent des cérémonies rituelles (grottes).

Dans le cas des masques et des statuettes le travail du peintre est fait par le sculpteur; selon que le masque ou la statuette soit destiné à un sacrifice ou à une cérémonie récréative les motifs et les couleurs varient.

Ainsi les marionnettes qui dansent sont souvent multicolores et les motifs libres. Tandis que les masques sacrés sont toujours sans grand éclat.

Quant à la peinture rupestre sa tradition est attestée par de très anciennes peintures comme celle de songo (en pays dogon) et celles de Togombéré (région de Kayes).

Si les premières sont l’œuvre, chaque fois renouvelée, des circoncis du village, les deuxièmes (non datées) seraient l’œuvre de chasseurs qui laissaient libre cours à leur imagination sur un flanc de colline lorsque la chasse était bonne.

La première génération de peintres sortis de l’Institut National des Arts dont Mamadou SOME, Alpha yaya DIARRA, a produit des œuvres d’un réalisme socio-politique à la soviétique qui n’ont pas vraiment marqué l’histoire de la peinture au Mali.

Quelques personnalités fortes qui ont pu poursuivre des études supérieures dans les pays socialistes, notamment à cuba et en ex -URSS, ont réussi à se hisser sur le marché de l’art (Ismaël DIABATE) et y demeurent (Abdoulaye KONATE).

La réussite de ces derniers a été un coup de pouce pour bon nombre de jeunes sortants de l’INA. Bréhima KONE, Modibo Franky DIALLO, Mohamed HAÏDARA, Sénou FOFANA, Abdou OUOLOGUEM et quelques autres tentent de sortir du carcan réaliste.

Avec quelques peintres autodidactes (Thierno DIALLO, KELLY et Sinaly) ils annoncent une production mature pour les années à venir.






SCULPTURE

Au Mali, l’origine de la sculpture est liée à l’origine des premières religions polythéistes dont l’animisme. Cette religion intégrait dans ses activités des objets comme supports des forces occultes dont dépend toute chose dans l’univers.

Ces objets sont des masques, des statues ou des marionnettes qui sont confectionnés par les forgerons. Initialement celui-ci est, dans la division sociale du travail un homme de caste chargé de la fabrication des outils de travail et des parures des femmes.

Ils fabriquaient des dabas, des haches, des alênes etc. Et leurs femmes étaient des potières qui travaillaient l’argile et la pierre : les objets de la poterie sont destinés aux usages domestiques (marmite, jarre à eau, plats etc.)

La sculpture du bois est apparue donc comme un art religieux dès le départ : les masques représentent très souvent des animaux sauvages peuplant les mythes, légendes et contes ethniques.

Selon la cosmogonie sénoufo l’homme vivait tout d’abord de cueillette, chasse et de pêche. L’homme n’apprit à cultiver la terre qu’après l’apparition du « Tjiwara ».

Un jour qu’il dormait à l’ombre d’un fromager (banansoun), un homme fut réveillé par un être mystérieux. A la vue de cet être, l’homme prit peur.

L’être bizarre lui dit alors « petit homme pourquoi ne travailles-tu pas la terre ? » et lui remit une gourde en ajoutant avant de disparaître « prend cette gourde et tâche de la remplir de ta sueur avant une semaine. Je reviendrais te voir si tu n’y es pas arrivé, tu mourras. Alors mets-toi au travail, laboure la terre petit homme ». Et l’étrange être disparut.

Tous les jours de la semaine l’homme laboura et remplit la gourde de sueur. Mais lorsqu’il revenait le lendemain, il retrouvait la gourde sèche.

A la fin de la semaine, le tortionnaire revint et dit à l’homme « je vois que tu as bien travaillé alors je te laisse la vie sauve. La gourde est vide mais ce n’est pas grave. Je tenais à t’apprendre à travailler la terre ».

L’homme de retour au village sculpta une forme dans le bois ressemblant à l’être étrange qu’il rencontra et son masque fut appelé tjiwara (du bambara tji qui veut dire travailler, cultiver et wara le lion, symbole de la force).

La fête du tjiwara a lieu avant les semailles et après chaque moisson. Quant aux statues et statuettes elles servent comme fétiches et représentent des esprits protecteurs.

Les marionnettes figurent soient des animaux ou des personnages de contes populaires. Tous les objets sculptés sont colorés à l’aide de colorants naturels : Kaolin pour le blanc, charbon de bois pour le noir, l’ocre est obtenue à partir de roches et le rouge de tiges de mil rouge.

Aujourd’hui l’artisanat est un artisanat d’aéroports et s’occupe de fabriquer les copies des masques et statuettes les plus demandés.

Bon nombre de ces artisans sculpteurs sont des forgerons qui face au marché florissant de la sculpture se sont consacré uniquement à la taille du bois. Si les objets de cet artisanat sont pour la plupart des copies, ils sont également fabriqués en série.

Mais la sculpture au Mali c’est aussi l’Ecole Nationale des Arts. Il s’agit d’une sculpture académique qui se veut créative. Quelques figures émergent par la qualité de leur travail et la régularité de leur production : Damy Théra, Amaguiré Dolo, Yaya Coulibaly, Dicko.

Quelques autodidactes qui ont une démarche artistique véritable suivent la voie tracée par les premiers, Thierno Diallo, Modibo Keïta, Ibou N’diaye.