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«Les populations sont de plus en plus fragilisées par les effets combinés du conflit et de la crise alimentaire» dans le nord du Mali. Le constat est du Comité International de la Croix Rouge (CICR) et la Croix-Rouge malienne (CRM) qui ont assuré qu’ils «s’apprêtent à renforcer leur assistance» dans la région.

jpg_une-823.jpgDans le cadre d’une assistance humanitaire, des équipes auraient atteint, pour la première fois depuis fin mars, des zones reculées des régions de Kidal, Tombouctou et Gao, occupées par des mouvements armées. Il s’agit notamment du CICR et la CRM. Selon le chef de la délégation régionale du CICR pour le Mali et le Niger, Jean-Nicolas Marti, la situation est très préoccupante. «Dans ces régions rurales semi-désertiques, beaucoup de personnes que nous avons rencontrées ont à peine de quoi survivre», raconte-t-il dans une tribune d’évaluation des opérations de secours publié sur le site du CICR. Activités économiques paralysées, des dizaines de milliers de personnes en manque de vivres et d’accès aux soins, la situation, affirme l’organisation humanitaire, est très alarmante.

Sur le plan sanitaire, la majorité des centres de santé communautaires situés en dehors des villes ne fonctionnent plus. Ceux encore ouverts n’arrivent plus à s’approvisionner en médicaments, le dépôt pharmaceutique régional de Gao n’étant plus opérationnel. Dans le domaine de l’éducation, beaucoup d’établissements scolaires ont été saccagés et les instituteurs ont dû partir, ouvrant la voie à un risque d’enrôlement des enfants dans les groupes armés.

Triste anniversaire

Le 20 juin est célébré dans le monde comme la journée mondiale des réfugier. Le conflit armé au Mali a fait quelques 300 000 personnes déplacées depuis le 17 janvier, près de la moitié ayant franchi les frontières. Tout comme les déplacés, les réfugiés vivent dans des conditions aussi précaires. Déjà en octobre 2011, les organisations humanitaires s’apprêtaient à contenir la perspective d’une famine dans au moins 104 communes du Mali en raison de la contre production agrile de la campagne agricole.

Zone écologiquement fragile, la quasi totalité des régions du nord figurait dans cette liste de communes à risque de pénurie alimentaire. Au moins, 110 milliards de F CFA avaient été sollicités pour une réponse adéquate à cette menace. En janvier 2012, le conflit armé entre le Mali et des mouvements armés s’est greffé à la crise alimentaire provoquant, selon Amnesty International, «la plus grave crise des droits humains depuis 50 ans».

«Cette situation, particulièrement difficile dans la région de Tombouctou, fragilise encore davantage les paysans, alors que débute la campagne agricole 2012-2013», alerte le CICR. «La plupart des chefs de famille ont perdu leurs sources de revenus. Pour faire face à cette situation, beaucoup de foyers sont obligés de diminuer leur nombre de repas journaliers et d’opter pour des aliments moins consistants », a expliqué Marti.

Seydou Coulibaly

Le 20 Juin 2012

© AFRIBONE