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La Commission spéciale d’enquête mise en place après les tueries d’Aguelhoc a rendu son rapport mardi au chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Il ressort de la déclaration issue de cette rencontre que la participation d’Aqmi à ces atrocités ne fait l’objet d’aucun doute. Les conclusions du rapport de la commission viennent ainsi confirmer ce qui était déjà une certitude pour le gouvernement qui en avait fait mention dans un communiqué.

Les 18, 20 et 24 janvier derniers, la localité d’Aguelhoc, région de Kidal, avait fait l’objet d’attaques barbares et meurtrières de la part de bandits armés se réclamant du Mouvement national de libération de l’Azawad. L’attaque du 24 janvier avait connu un bilan très lourd aussi bien du côté des forces armées que des rebelles. Mais avec l’atrocité des tueries, le gouvernement malien y avait décelé la main salafiste et affirmé dans un communiqué, l’implication d’Al Qaïda au Maghreb islamique.

Suite à ces tueries, et sur instruction du président de la République une Commission spéciale d’enquête a été mise en place le 29 janvier. Mission : mener des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité sur les cas d’atteintes à la vie, à l’intégrité physique des personnes et aux biens.

Présidée par l’Inspecteur général de police, Alioune Badara Diamouténé, cette commission a commencé son travail exactement le 31 janvier et mené dix jours d’investigations sur le terrain. Elle a rendu son rapport au chef de l’Etat, le mardi 21 février, dans le Salon Mali du palais de Koulouba.

Au sortir de cette rencontre, l’Inspecteur général Diamouténé dira à la presse que les Salafistes d’Aqmi ont bel et bien participé aux atrocités d’Aguelhoc : « L’habillement de la plupart de ces combattants barbus, le mode d’exécution de militaires désarmés, attestent la participation d’Aqmi aux combats aux côtés du Mouvement national de libération de l’Azawad lors des attaques des 18, 20 et 24 janvier 2012 contre le camp militaire, l’Institut de formation des maîtres et la ville d’Aguelhoc ».

Dans sa déclaration, le président de la commission précise que des élèves et enseignants de l’Institut de formation des maîtres de Aguelhoc ont été utilisés comme boucliers humains par les assaillants en difficulté lors de l’attaque du 18 janvier. Ces élèves et enseignants, entendus par la Commission spéciale d’enquête attestent les faits d’atrocité commis sur des militaires désarmés. « Ces déclarations corroborent le mode d’exécution sommaire de combattants désarmés régulièrement pratiqué par Aqmi », enfonce l’inspecteur général Diamouténé. Qui révèlera que, sur le terrain, sa commission a pu recueillir des preuves et des témoignages des rescapés militaires et civils, soutenus par des images qui attestent que des combattants de l’armée malienne désarmés ont bien été arrêtés, ligotés les mains derrière le dos, avant d’être froidement abattus.

Outre l’Inspecteur général de police, Alioune Badara Diamouténé de l’Inspection des services de santé et de protection civile, la Commission spéciale d’enquête comprend six autres membres, tous officiers supérieurs des forces armées et de sécurité. Il s’agit de : Colonel major Eloi Togo de l’état major général des armées, Colonel Békaye Samaké de la direction de la sécurité militaire, Colonel Lassana Doumbia de la Présidence de la République, Colonel Satigui dit Moro Sidibé de la direction de la justice militaire, Lieutenant colonel Ibrahim Maïga de l’inspection générale des forces armées et services et Major Mahamadou Diarra de la gendarmerie nationale.

Sékou Tamboura

Le 23 Février 2012