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Lors de la cérémonie solennelle de retour des insurgés, avant-hier, un important lot de lance-roquettes, de fusils et pistolets mitrailleurs, de grenades offensives et défensives, de carabines chinoises ainsi que 2 véhicules « Toyota » et du matériel de transmission ont été rendus aux autorités militaires par les déserteurs. Le matériel a été réceptionné par le commandant de l’opération « Jigi tugu », le colonel El Hadji Ag Gamou.

78 officiers, sous officiers et hommes de rang doivent désormais regagner les unités spéciales tandis que quelques 500 autres jeunes civils de l’Alliance attendent d’être incorporés. À Kidal, tout le monde a le sentiment que ce retour marque la fin du grand banditisme au nord.
Pour le maire de la commune, Attayoub Ag Intallah, ce jour marque le dénouement d’une crise qui annihilait le développement dans l’Adrar des Ifoghas.

« Nous sommes arrivés à cette situation grâce à l’esprit de clairvoyance et de compréhension des uns et des autres pour la résolution finale et heureuse des événements que Kidal a connus le 23 mai 2006 et nous resterons toujours soudés aux accords d’Alger. Nous rendons grâce à Dieu et adressons nos sincères remerciements au président de la République Amadou Toumani Touré, au Premier ministre Modibo Sidibé et à son gouvernement et à tous ceux qui de loin ou de près se sont investis pour que ce jour arrive », a déclaré l’édile.

Le porte-parole de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, le député Hamada Ag Bibi a, pour sa part, assuré que son mouvement est aujourd’hui présent dans la ville de Kidal pour réaffirmer sa volonté de paix et de concorde conformément à l’Accord d’Alger qui constitue un acquis essentiel dans le cadre de la consolidation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali.

jpg_3006.jpgL’accord va reprendre son cours et les programmes qui étaient bloqués à cause de la situation d’insécurité connaîtront un début d’exécution au grand soulagement des populations, a espéré le chef de l’exécutif régional, Al Hamdou Ag Ilyène, en invitant les partenaires à venir investir dans la région.

Le facilitateur Abdelkrim Ghraeb qui est l’ambassadeur d’Algérie dans notre pays insistera sur le respect de toutes les dispositions contenues dans l’accord. « Nous attendons des actes. L’Algérie reste au service de la cause et le travail commencé va se poursuivre ensemble. Son excellence Abdoul Aziz Bouteflika nous encourage à travailler pour l’intérêt d’un Mali républicain », a expliqué le diplomate.

Après avoir adressé au président de la République algérienne qui s’est employé à aider notre pays dans la recherche de solution à ce problème, le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné, a salué cet aboutissement heureux. Les régions nord de notre pays ont besoin d’un minimum de confort et de mieux vivre. Ceci ne peut être obtenu dans l’insécurité, a souligné le ministre Koné avant d’inviter les uns et les autres à mettre l’État au dessus des ambitions personnelles.

L’épisode de mardi ferme, il faut l’espérer, une parenthèse particulièrement mouvementée depuis le début de l’année. Les premiers jours de janvier (5, 6 et 7 janvier) avaient vu l’échec du retour d’une partie des insurgés du Nord. Ceux-ci réclamaient alors que les militaires lèvent le check-point installé à l’entrée de la ville pour les laisser passer avec leurs armes. Les militaires avaient refusé, exigeant qu’ils rendent d’abord les armes. Un accord n’ayant pu être trouvé, le retour avait été différé.

Dans les jours qui suivirent l’armée déclencha une vigoureuse opération de sécurisation qui lui a permis, au fil des jours, de prendre le contrôle de « toutes les bases opérationnelles et logistiques de la bande à Ibrahim Ag Bahanga », notamment Tin Assalek, Abeïbara, Boureïssa, Inerdjane, à l’est de Touksimène.

Sa bande ayant subi de lourdes pertes en hommes et matériel, Ibrahim Ag Bahanga prit la fuite tandis que les forces armées ramenaient 22 prisonniers, des véhicules équipés de mitrailleuses lourdes, des armes lourdes et des munitions, un stock de carburant, de vivres et d’équipements.

Dans ce contexte, le retour des combattants de l’Alliance va renforcer une sécurité largement restaurée dans la zone.

Envoyé spécial

S. DOUMBIA

Essor du 19 Février 2009