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Qu’est ce qui se passe aujourd’hui réelle­ment dans le nord du Mali ?

Le réveil de la rébellion touareg ou tout simple­ment l’accentuation du phénomène du banditisme armé dans le septentrion malien.

C’est cette question qui revient sur toutes les lèvres depuis les attaques en cascade perpétrées con­tre les soldats maliens par Ibrahim Ag Bahanga et ses troupes il y a plus d’un mois à Tedjeret et à Tinzawaten. Une trentaine de soldats maliens enlevés lors de ses attaques sont d’ailleurs gardés en otages par Bahanga pour servir éventuellement de boucli­er humain. Toutes les ten­tatives entreprises jusqu’à présent par les autorités maliennes pour obtenir leur libération sont restées vaines.

Ibrahim Ag Bahanga est en effet resté sourd aux sollicitations des autorités algériennes, garants des accords d’Alger donc de la paix au Nord Mali. Les Algériens qui se sont en effet fortement impliqués dans la résolution de la crise du 26 mai 2006 se montrent aujourd’hui peu coopératifs à l’endroit des autorités maliennes. Et pourtant le même Bahanga qui défie toute la République en s’attaquant aux symboles de sa patrie trouve refuge en Algérie chaque fois qu’il commet un acte répréhensible au Mali.

Où sont passés les soldats maliens enlevés à Tedjeret et à Tinzawaten ? Ce n’est pas au Niger quand même puisque le Mali a signé avec ce pays voisin un accord de parte­nariat contre le grand ban­ditisme il y a quelques semaines de cela, s’ils étaient donc au Niger, les militaires maliens avaient toute latitude de poursuiv­re ces hommes armés jusqu’à l’intérieur du terri­toire Nigérien et de faire libérer leurs collègues pris en otage. Logiquement donc cette éventualité est à écarter.

Ce qui est plus plausi­ble et qui se confirme de jour en jour c’est la carte algérienne. Le fait en effet pour Ibrahim Ag Bahanga et ses troupes de se retrancher dans les collines algériennes prouve en effet qu’il compte faire du territoire algérienne leur base aérienne.

C’est d’ailleurs fort de ce soutien occulte que Bahanga a refusé la média­tion de son mentor Iyad Ag Ghaly. Ce dernier qui a entrepris une médiation interne pour trouver une solution pacifique à ce problème s’est vu éconduit par Ibrahim Ag Bahanga. En guise de consolation, il n’a pu obtenir que la libération de cinq soldats maliens blessés à titre humanitaire.

Mais, pour montrer à Iyad et aux autorités de Bamako qu’il est déter­miné à continuer son com­bat, Bahanga aurait exigé non seulement le retrait des troupes maliennes de la zone de combat de Tinzawaten et aurait en outre franchi le rubicon en parvenant à encercler les troupes maliennes dans leur position avancée. Aujourd’hui ces dernières sont prises entre le marteau et l’enclume.

Bahanga a en effet posé des mines empêchant ainsi les soldats maliens de revenir en arrière.

Ce sont ces mines venues d’on ne sait où qui empêchent aujourd’hui nos soldats de se ravitailler en nourriture sur le champ de bataille. Et comble de l’ironie, c’est la même Algérie qui se propose aujourd’hui de ravitailler nos troupes en nourriture et armements. Une atti­tude qui frise l’hypocrisie diplomatique et qui lève enfin le voile sur les vraies motivations des autorités algériennes. C’est l’atti­tude des autorités de Bamako qui a permis de clarifier la situation dans le nord.

En effet depuis le déclenchement de cette crise, l’armée malienne qui a été déployée sur le ter­rain pour sécuriser les populations civiles et obtenir la libération incon­ditionnelle de ses soldats enlevés a su éviter toutes les provocations. L’armée malienne, nous révéla le directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), le colonel Coulibaly, est au nord non pas pour faire la guerre mais pour imposer la paix. C’est dire donc qu’aucun coup de feu n’a encore été tiré et ne sera tiré contre Ibrahim Ag Bahanga et ses troupes.

Selon lui, le plus impor­tant aujourd’hui, c’est d’assurer la sécurité dans cette partie du pays. La mission assignée à l’armée malienne est donc d’ac­compagner la multitude d’efforts en cours pour la paix et le développement populations civiles et obtenir la libération incon­ditionnelle de ses soldats enlevés a su éviter toutes les provocations. L’armée malienne, nous révéla le directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), le colonel Coulibaly, est au nord non pas pour faire la guerre mais pour imposer la paix. C’est dire donc qu’aucun coups de feu n’a encore été tiré et ne sera tiré contre Ibrahim Ag Bahanga et ses troupes.

Selon lui, le plus impor­tant aujourd’hui, c’est d’assurer la sécurité dans cette partie du pays. La mission assignée à l’armée malienne est donc d’ac­compagner la multitude d’efforts en cours pour la paix et le développement du nord-Mali.

Cette stratégie adoptée par l’armée malienne a d’ailleurs bien été com­prise par la communauté internationale et cette dernière est désormais convaincue qu’il ne s’agit nullement d’une volonté de l’État malien de livrer une guerre contre une quelconque communauté surtout pas touargue.

Aujourd’hui force est de reconnaître que si cette stratégie de l’armée mali­enne est plus que salu­taire, la République n’ac­ceptera point qu’un de ses « enfants égarés » continue de narguer tout le monde. Il arrivera en effet un moment où il faut faire preuve de fermeté envers l’Algérie, et envers Ibrahim Ag Bahanga, Fagaga et autres. Ces derniers ne peuvent pas continuer à enlever des soldats, à tuer des civils par des mines posées et à se réfugier impunément chez quelqu’un qui se con­sidère comme un ami du Mali.

Toute la communauté internationale reconnaît aujourd’hui que Ibrahim Ag Bahanga et Fagaga ne sont autres que des ban­dits armés. A ce titre, ils ne doivent bénéficier d’aucun droit d’asile dans aucun pays soucieux du respect de la légalité interna­tionale. Les bandits armés ne peuvent avoir d’autres privilèges que d’être livrés à la justice de leur pays pour être jugés.

Birama Fall

14 septembre 2007.