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La profanation du mausolée Sidi Mahmoud Ben Amar par Ansar Dine de Iyad Ag Ghaly constitue un pas supplémentaire dans la démonstration de force de la part des djihadistes. Le peuple malien, son armée, les forces de défense doivent incessamment apporter une réponse définitive, vigoureuse, rapide et réparatrice des humiliations subies depuis l’occupation du septentrion.

Un adage de chez nous dit » qu’il faut s’attaquer aux dépouilles mortelles pour se faire respecter des vivants « . Littéralement traduit cet adage bambara dit que la force (physique) est la seule norme de référence en temps de conflit. C’est en toute impunité que des combattants du groupe islamiste Ançar Dine ont attaqué et brûlé le mausolée de l’un des saints les plus vénérés de Tombouctou. Iyad Ag Ghaly se donne une cure de sainteté après avoir traficoté avec tous les preneurs d’otages sans compter les dividendes tirées de la signature du calamiteux pacte national, source de l’atteinte à la souveraineté nationale. En agissant comme il le fait, le narcotrafiquant reconverti émir du fanatisme réligieux, évolue dans un schéma dont il sait qu’il est un pion nouveau, un relai dont la survie dépend de la capacité à réguler à partir de notre sol, le trafic transfrontalier de la cocaïne.

En s’attaquant au mausolée qui renferme la tombe de l’érudit Sidi Mahmoud Ben Amar, Iyad Ag Ghaly a brandi le sabre de guerre contre la nation entière. Il a renié les valeurs d’un islam modéré, tolérant, de pureté de piété. C’est le moment plus que jamais d’aller en guerre pour bouter hors de notre pays tous les renégats et leurs acolytes venus d’ailleurs.

Ces groupuscules qui pullulent dans le septentrion ne sont pas des foudres de guerre. Simplement pendant vingt ans, ces goujats n’ont eu de cesse de tirer profit des accords (pacte national et accords d’Alger) qui ont laminé complètement le dispositif de défense et de sécurité mis en place depuis l’indépendance nationale. Leur force réside dans les décisions suicidaires de l’Etat à se vider, à s’exproprier de la grande majorité de son territoire. Le peuple du Mali, son armée et les forces de défense ont les moyens de reconquérir tout l’espace septentrional. Certes, l’armée est sous-équipée mais les imposteurs ne combattent qu’avec des armes ramenées de Libye et ne pourront plus bénéficier de bases arrières en cas de guerre ouverte et impitoyable et le désert est malien.

L’option militaire s’impose d’elle- même à notre pays pour deux raisons. Primo la CEDEAO est plus favorable à la négociation. Mieux l’organisation sous-régionale ne s’est intéressée au problème de séparatisme qu’avec le coup d’Etat du 22 mars qui a renversé ATT corrélativement au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Sous le vocable diplomatique de négociation, il faut comprendre deux notions récurrentes à savoir : large autonomie et/ou fédéralisme. En réalité les deux notions sont identiques dans leur mise en œuvre.

Dans les deux cas l’intangibilité du territoire est respectée. Cette posture ne sera jamais acceptée par les maliens. Secundo il faut se convaincre que la CEDEAO n’a pas les moyens financiers du déploiement de sa force d’attente. Ainsi sous réserve de trouver des financements, la force d’attente restera à l’état de projet. Autrement dit le peuple malien doit compter sur ses propres valeurs, sur sa propre capacité dans cette guerre inévitable, une guerre qui ne doit plus attendre. Aussi pour se renforcer pendant, cette reconquête il faut se tourner vers les amis du Mali à savoir la Chine populaire, la Russie, le voisin du Nord, le pays arabes, les USA… Le temps nous est compté, des milliers de compatriotes refugiés et déplacés vivent des moments insupportables.

Comment peut-on raisonnablement discuter avec des pourfendeurs et profanateurs de tombes ?

B T

Le Scorpion du 9 Mai 2012