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Le Républicain : Pourquoi aujourd’hui un meeting des ressortissants du nord Mali sur la crise du nord ?

Almouzar Mohaly Maïga : Nous avons tenu un meeting qui n’est pas sorti ex-nihilo. Nous l’avons préparé après plusieurs réunions avec différentes composantes de la société, des associations de différents cercles des régions du Nord.

Nous considérons en fait que ce n’est pas un meeting du Collectif des ressortissants des régions du Nord; même s’il a été initié par ce collectif, il s’est transformé en meeting national dans la mesure où toutes les régions du Mali, de Kayes à Kidal, ont participé à ce meeting.

Vous avez eu droit à une intervention de la région de Kayes, une intervention de la région de Koulikoro, de Ségou, plus toutes les composantes de la société civile dont les communicateurs traditionnels, le Haut Conseil Islamique, les femmes, les peulhs, Gina Dogon, etc. Donc c’est vraiment quelque chose qui est devenu national et c’est un message national que nous avons tenté de faire passer.

Différentes résolutions ont sanctionné la fin de vos travaux. Quelles sont les plus saillantes ?

Dire qu’une résolution est principale à d’autres me parait difficile. Je ne voudrais pas me hasarder dans ce sens. Nous pensons que les différentes composantes de la déclaration que nous avons passée sont aussi importantes les unes que les autres. Mais on peut retenir que le meeting a demandé de ne pas parler d’allégement du dispositif militaire dans le Nord. Le meeting a demandé d’éviter d’internationaliser le problème dit du Nord et a aussi demandé d’utiliser les ressources nationales dans la recherche de solutions à ce problème.

Le meeting a ensuite insisté sur le fait que ce n’est pas un problème uniquement du Nord, c’est un problème national et c’est nationalement qu’on doit trouver une solution. Enfin le meeting a également indiqué qu’il faut absolument arrêter maintenant, afin de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire.

Je pense qu’il y a une partie de la déclaration qui a porté à confusion, notamment en ce qui concerne le mandat d’arrêt. Certaines presses ont mal interprété le texte de la résolution : le meeting a demandé “un mandat d’arrêt contre les auteurs de troubles, contre ceux qui tuent inutilement des innocents qu’ils soient militaires ou civils”. Donc c’est un “mandat d’arrêt”. On n’a nommé personne, et l’on n’a pas dit “mandat d’arrêt international”. C’est un mandat d’arrêt contre les fauteurs de trouble, les assassins qui tuent militaires et civils.

Vous demandez l’ouverture du dialogue entre les parties en conflit ?

Nous avons dit qu’en terme de recherche de solutions, il faut utiliser les ressources nationales, mais nous sommes engagés d’ores et déjà à entreprendre des campagnes de sensibilisation sur le terrain. Nous avons insisté sur le fait que le meeting ne doit pas s’arrêter au Stade Omnisport : il doit continuer sur le terrain. Vous voudriez bien noter que le représentant du Haut Conseil Islamique a lancé un appel solennel à Ibrahim Ag Bahanga et les autres dans le cadre de la foi musulmane, dans le cadre de la réligion de déposer les armes, de venir à la table de négociation. Parce que, même la religion interdit ce qu’il fait et nous avons applaudi cet appel. Ce qui veut dire que le meeting a fait sien cet appel.

A partir de cet instant, il faut que les uns et les autres se sentent mobilisés et que tout de suite on investisse le terrain pour essayer de trouver une solution durable à ce problème.

Propos recueillis par Boukary Daou

Le Republicain du 27 mai 2008