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En matière de guerre, et de façon générale à l’occasion de tout conflit armé, la communication devient une arme dont certains usent non sans en abuser parfois. La situation n’est pas différente dans le conflit qui oppose depuis mi janvier l’armée malienne au MNLA.

Après la riposte des forces armées du Mali, suite à l’attaque de ses positions par l’ennemi, en l’occurrence, le MNLA, dans les localités de Ménaka, Aguelhoc, Andéraboucane, la donne a changé sur le terrain. L’armée malienne qui s’était longtemps cantonnée, dans la situation de l’agressée, a changé d’approche. Ainsi, depuis un certain temps, elle a décidé de ne plus se faire surprendre, mais de prendre, elle-même, l’initiative d’attaquer les bandits jusque dans leurs repaires. Sous la direction de trois officiers, les colonels major Elhaj Gamou, Ould Meydou et Didier Dacko, qui méritent le respect et la reconnaissance de la nation, les forces armées ont remporté plusieurs victoires sur le terrain et dans des affrontements où l’armée faisait face à une coalition d’organisations terroristes composée du MNLA, d’AQMI, du mouvement An çardine (une création de Iyad Ag Ghaly) et de mercenaires recrutés dans certains pays.

Le mois écoulé, après avoir élu domicile un court moment dans la localité de Tessalit, les assaillants avaient été délogés par l’armée qui, appuyée de l’aviation, a causé d’énormes pertes aux rebelles et contraint les rescapés, à battre en retraite, pour se regrouper dans les collines, (non loin de la localité d’Amachach) d’où ils tentent par des actions sporadiques, de perturber les opérations de ravitaillement des militaires et civils qui vivent dans la localité.

C’est dans cette situation où les pertes sur le terrain se succèdent pour eux, que MNLA, avec la bénédiction de certains médias étrangers, revendiquent certains succès qui ne sont, en effet, qu’une falsification de la réalité sur le terrain. Ces derniers jours, les mêmes médias dont aucun correspondant n’a été aperçu dans la région, sont pourtant entrain de se muer en « agences de communication » pour la diffusion de fausses informations (intox ?). Objectif : donné (la fausse) impression que le mouvement rebelle a le contrôle sur le terrain. Face à l’intox, un habitant de Ménaka, (première ville attaquée) nous confie : «nous apprenons sur certaines radios étrangères plusieurs informations, que nous à Ménaka ne partageons pas».

Madou J. Maïga, un hôtelier à Kidal, pense la même chose. «Si vous prenez pour vrai ce que certaines radios racontent sur les actions à Tessalit, vous ne connaitrez pas la réalité. Il n’y a que l’armée ou ceux qui vivent à Tessalit, qui peuvent vous donner les informations vraies», nous a-t-il déclaré.

Les mêmes doutes sont émis par d’autres personnes en ce qui concerne les «informations » données ces derniers temps par ces médias proches de la rébellion, et qui font état d’un encerclement du camp de Tessalit par les membres du MNLA. Ce que rejette une source que nous avons joint au téléphone : «sur cette radio nous attendons beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec la réalité. Les gens du MNLA leur raconte du n’importe quoi et ils y croient religieusement…. ».

Sur le supposé encerclement du camp de Tessalit par le MNLA, notre interlocuteur estime que la réalité est tout autre. A l’en croire, des éléments du MNLA sont certes aux alentours du camp d’Amachach, mais ils sont, en fait, dans une situation où ils se sont trouvés entre le marteau des militaires se trouvant dans le camp et l’enclume de ceux venus pour le ravitaillement.

Pour le reste, ce qui est surprenant de la part de ces médias, c’est surtout une promptitude à donner des « infos » arrangeant la rébellion.

Oumar Diamoye

09 Mars 2012