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Le nord du Mali semble ne pas être prêt à se calmer. Après la libération des derniers militaires maliens pris en otage par les rebelles touaregs, ces derniers haussent le ton. Dans un communiqué daté du 15 mars 2008, le porte-parole de l’Alliance touareg Nord-Mali pour le changement (ATNMC), Hama Ag Sidi Ahmed, menace de reprendre les armes. Le ton employé n’est pas dur mais il est ferme : «l’Alliance touareg Nord-Mali pour le changement interpelle les autorités maliennes, la facilitation algérienne, la Libye, la France, la communauté européenne et la communauté internationale : si dans la semaine, on ne voit pas le retrait de ce nouveau dispositif militaire opérationnel déployé dans le nord-est de la région de Kidal, le mouvement en tirerait alors toutes les conséquences et ne saurait être tenu responsable de la reprise des hostilités» (voir communiqué ci-joint plus bas).

A l’origine de la crise de méfiance, il y a un accrochage récent en moins de deux semaines après la libération des otages. Selon le communiqué, « dans la journée du 13 mars 2008, le colonel Djidji du commandement militaire de la région de Kidal s’est déplacé de Kidal vers la zone de Tinzaouatene (au Nord-est de la région de Kidal) avec une compagnie de 14 véhicules, et a commencé un large ratissage de la zone des montagnes de Zakat à 30 km de Tinzaouaten». La suite de cet acte aurait été un accrochage grave entre les combattants rebelles présents dans la zone et des soldats de l’armée malienne. A en croire l’ATNMC, lors des échanges «le chef de bataillon de Kidal a été gravement blessé, ainsi qu’un capitaine et quatre soldats qui ont dû être évacués sur Kidal puis par avion sur Bamako le 14 mars». Suite à ces escarmouches, des renforts de 10 véhicules militaires de l’armée régulière auraient aussitôt été dépêchés de Kidal pour se déployer sur la zone de Tinzaouatene.

Cette situation complique davantage les relations entre l’Etat malien et les rebelles qui commencent à douter de la bonne foi de leurs interlocuteurs. Au même moment, les combattants touaregs jurent la main sur le cœur qu’ils pensaient que la situation allait se décrisper après leur geste de libération des derniers 22 prisonniers militaires, le 7 mars 2008.

Au moment où certains responsables maliens, selon le communiqué, parlent de retrait de l’armée de la ville de Kidal et de dialogue dans les prochains jours, les hommes de Bahanga se disent surpris de voir l’armée malienne commencer «de vastes ratissages dans les zones du nord-est où se trouvent les bases du mouvement».

Apparemment, la proposition du Front pour la démocratie et la République (FDR) de dialoguer sur la crise du Nord-Mali plait beaucoup à l’Alliance. Ainsi, par la voix de Hama Ag Sidi Ahmed, les rebelles ont affirmé leur soutien au projet de la tenue d’un forum de concertation nationale dans les prochaines semaines.

Soumaila T. Diarra.


Communiqué – 15 mars 2008

Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement

Provocation : ratissage de l’armée malienne dans le Nord-Est de la Région de Kidal malgré les promesses d’allègement du dispositif militaire après la libération des 22 derniers militaires détenus par l’ATNMC

Dans la journée du 13 mars 2008, le colonel Djidji du commandement de la région de Kidal s’est déplacé de Kidal vers la zone de Tinzaouaten (au Nord-est de la région de Kidal) avec une compagnie de 14 véhicules, et a commencé un large ratissage de la zone des montagnes de Zakat à 30 km de Tinzaouaten. Ce qui a aussitôt provoqué ainsi un incident grave avec les combattants de l’ATNMC présents dans la zone. Cet incident a eu pour résultat que le chef de bataillon de Kidal a été gravement blessé, ainsi qu’un capitaine et quatre soldats qui ont dû être évacués sur Kidal puis par avion sur Bamako le 14 mars. Des renforts de 10 véhicules militaires ont aussitôt été dépêchés sur la zone depuis Kidal.

Au moment où nous pensons que la situation se décrispe après notre geste de libération des derniers 22 prisonniers militaires et où certains responsables maliens parlent de retrait de l’armée de la ville de Kidal et de dialogue dans les prochains jours, nous constatons à notre grande surprise que l’armée malienne commence de vastes ratissages dans les zones du Nord-Est où se trouvent les bases du mouvement.

Pendant que les autorités du Mali tendent une main au dialogue, l’autre main mène une escalade militaire. Comment croire à un dialogue sincère et constructif ?

L’ATNMC prend à témoin Tiéblé Dramé, président du FDR et du Collectif national pour la paix, qui doit organiser prochainement un Forum de concertation nationale sur le Nord, pour qu’il mobilise les forces essentielles du Mali afin de ramener le gouvernement de ce pays à une table de négociation.

Et puisqu’il y a «urgence à s’attaquer aux racines de la crise du Nord au Mali», nous apportons notre soutien au projet porté par le président Tiéblé Dramé de la tenue d’un Forum de concertation nationale dans les prochaines semaines.

L’Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement interpelle les autorités maliennes, la facilitation algérienne, la Libye, la France, la Communauté européenne et la communauté internationale : si dans la semaine, on ne voit pas le retrait de ce nouveau dispositif militaire opérationnel déployé dans le Nord Est de la Région de Kidal, le mouvement en tirerait alors toutes les conséquences et ne saurait être tenu pour responsable de la reprise des hostilités.

Hama Ag Sid’Ahmed

Porte-parole de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement

Chargé des relations extérieures