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Le gouvernement ne communique pas du tout sur la crise du nord. La énième crise du nord. Mais, cette fois, la donne n’est pas seulement l’ennemie qui a changé, c’est aussi l’évolution des technologies de l’information et de la communication. Les nouvelles du front n’existent pas.

Jusqu’où les journalistes peuvent-ils aller sans faire croire qu’ils « pactisent » avec l’ennemi, sans être accusés de vouloir démoraliser les troupes ? Aujourd’hui, avec le développement des nouvelles technologies, les gosses engagés sur les fronts inondent les journalistes et les rédactions d’informations aussi alarmantes les unes que les autres.

Si certains veulent juste se donner un rôle ou faire le paon, d’autres, par contre, méritent de l’attention. Seulement, il se trouve que dans tous les cas, ces informations restent justes des lectures des prismes d’hommes de rangs, avec ses limites et ses erreurs.

En face, le gouvernement restant muet ou ambiguë, les nouvelles relayées, ou qui sourdent des rangs prennent force de vérité et s’imposent dans l’opinion.

Que s’est-il passé à Aguel Hoc le 24 janvier ? Qui contrôle Léré ? Nos forces de l’ordre ont-ils les armes, les munitions, le carburant et l’assistance médicale adéquate ? Quelle est l’analyse du gouvernement sur cette crise, et que pensent les autorités de son évolution ?

Il y a une information de la population dont on ne saurait faire l’économie, au risque justement de laisser la place à la rumeur et à des lectures parcellaires, à la France, qui, visiblement a pris fait et cause pour les Touaregs.

Le communiqué diffusé plusieurs fois à la radio et à la télévision nationale le week-end a laissé plus d’un pantois : « A la suite des atrocités commises par les éléments du MNLA, de Aqmi et de divers groupes à Aguel Hoc le 24 janvier dernier, le Gouvernement a décidé de constituer une commission d’enquête en vue de faire toute la lumière sur les évènements survenus et de saisir, le cas échéant, les juridictions nationales et les instances internationales compétentes ». Quelles sont ces « atrocités » ? Pourquoi ne nous a-t-on rien dit ?

La meilleure enquête est d’abord de prendre l’opinion nationale à témoin, de faire, au besoin, un appel à la contribution volontaire des Maliens si l’Etat manque de moyens pour assurer l’intendance des troupes engagées sur le terrain.

Alexis Kalambry

01 Février 2012