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Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Ahmed Sow, a visité, le 22 février dernier, les installations de recherches pétrolières du bassin de Taoudénit. Prospecté par le consortium de sociétés et entreprises National d’hydrocarbure Italienne (ENI), l’Entreprise nationale de la géophysique (ENA-GEO), filiale de la compagnie algérienne SONATRACH et la société Baraka, ce bassin couvre une superficie de 192 000 Km2.

En fait, la société Baraka qui a engagé depuis 2005 des prospections pétrolières sur 700 Km a refondé son contrat, il y a environ un an, avec l’ENI, sixième compagnie mondiale, pour étendre la recherche sur 6000 Km.

Le ministre Ahmed Sow a souligné que cet élargissement du champ de recherche traduit une volonté des sociétés de «se donner toutes les chances de découvrir le pétrole».

Les recherches qui sont engagées sur cinq blocs de bassins de Taoudénit doivent coûter aux sociétés multinationales plus de 35 millions de dollars sur quatre années.

Convaincu qu’un tel chantier ne doit pas se réaliser au détriment des intérêts des populations locales, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau a invité les sociétés d’exploration pétrolières à tout mettre en œuvre pour intégrer les aspects sociaux (santé, hydraulique, éducation, etc…) dans le programme de recherche.

«Il est fondamental que l’on prenne en compte les difficultés des populations et qu’on essaye de voir dans la mesure du possible comment faire pour atténuer ces difficultés», a-t-il déclaré.

Les chantiers de recherche installés dans la commune rurale de Salam, à environ 450 km au Nord de Tombouctou, constituent des motifs d’espoir pour les populations.

«La recherche pétrolière en cours dans notre commune doit être une alternative de résolution de certaines difficultés de nos administrés», a souligné Mohamed Youssouf Ould El Bachir, maire de la commune rurale de Salam.

Selon lui, l’administration communale doit être obligatoirement concertée pour toutes les questions qui impliquent le développement de la commune. Avec un climat sec et aride (47° C en avril-mai et 8° C en décembre), cette commune couvre une superficie de 184 909 km2 pour une population estimée à 22 603 habitants.

Mohamed Youssouf Ould El Bachir a indiqué que le manque d’infrastructures routières est une problématique de sa commune à économie basée essentiellement sur l’élevage, le commerce et le transport.

En effet, le directeur général de la représentation de l’ENI, Fabio Cavanna, a précisé, à la suite de l’intervention du maire, que sans la communauté locale, le projet de recherche ne sera pas réalisé.

Avant d’ajouter : «je vous garantis qu’on va faire le meilleur effort pour trouver quelque chose. S’il y a quelque chose, on va trouver certainement». Sur un personnel de 330 agents, plus de 120 maliens sont en œuvre sur ce projet où six camps de recherche sont déjà installés.

Après un an d’étude sur ce bassin de Taoudénit, le consortium de sociétés ENI, ENAGEO et Baraka estime être en avance sur les délais contractuels de la prospection pétrolière au Mali. Il faut préciser qu’au stade actuel de la recherche, les analyses scientifiques ne concluent, jusqu’à présent pas à une certitude de présence de l’or noir. Mais des spécialistes algériens nous ont indiqué qu’il y a des indices sûrs d’une découverte pétrolière.

Après l’interprétation des données géologiques et des levées aéroportées, ce sont les sondages sismiques qui sont en train d’êtres effectués par quatre grandes machines appelées vibrateurs sismiques. Ces vibrateurs sismiques doivent créer les conditions nécessaires à l’interprétation des secousses par un laboratoire installé à quelques kilomètres.

Au-delà de Taoudénit, trois autres bassins sont répertoriés sur le territoire national comme des sites potentiels où le sous-sol est censé contenir de l’or noir. Il s’agit du gradin de Gao, du fossé de Nara et du bassin de Tamesna.

Les quatre bassins sont repartis en 25 blocs. A ce jour, 22 blocs sont déjà sous contrat de convention. Après le consortium ENI, ENA GEO, Baraka, d’autres sociétés comme Mali pétroleum et Mali Oil ont manifesté leur volonté de commencer des sondages sismiques dans leurs blocs.

Seydou Coulibaly

Envoyé spécial

27 février 2008.