Partager

De nombreux prisonniers, des responsables en fuite et des dizaines de morts, c’est le spectacle que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) a offert à Gao en s’attaquant aux Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

Vingt quatre (24) heures après la répression sanglante d’une manifestation à Gao, la cité des Askias s’est, à nouveau, réveillée sous des coups de feu le mercredi 27 juin 2012. Le MUJAO a ouvert une offensive militaire contre le MNLA dont deux combattants sont accusés d’avoir assassiné un directeur d’école pour s’emparer de sa moto.

La victime, Idrissa Oumarou, en plus d’être directeur d’école est conseiller municipal et une personnalité très influentes de la ville. Sa mort a suscité une révolte des habitants qui ont manifesté par dizaines de personnes dans plusieurs quartiers de la ville le mardi 26 juin avec des slogans hostiles aux islamistes.

Le MUJAO, un groupe dissident d’Al Qaeda au Maghreb Islamique, s’est offert une place de choix dans le nord du Mali aux côtés des autres mouvements armés après la chute des trois régions (Tombouctou, Gao et Kidal) fin mars-début avril. Le groupe islamiste partageait le contrôle de la ville de Gao avec le MNLA. Les relations entre les deux mouvements étaient jusque-là empruntes de cordialité mais aussi de méfiance mutuelle.

L’assassinat de M. Oumarou a donc été la goutte d’eau qui a débordé le vase. Le bilan des affrontements reste encore imprécis mais il se chiffrerait à des dizaines de morts principalement dans les rangs du MNLA. «Partout il ya des cadavres ; au gouvernorat, à côté de la poste, partout…», a affirmé un témoin hier aux environs de seize heures, pendant que les combats s’étaient atténués.

A la fin de journée, le MUJAO est resté seul maître de Gao après avoir expulsé son adversaire, tout en faisant plusieurs prisonniers parmi ses responsables.

Seydou Coulibaly

28 Juin 2012

©AFRIBONE