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La situation sécuritaire au nord- Mali est loin d’être favorables aux forces militaires patriotiques. En effet, elles ont été incapables de conserver leur position arrachée de haute lutte dans la région de Tombouctou, cercle de Niafunké, précisément dans la localité de Léré où se trouve un camp de garde. De plus, Inhalil, une localité située à la frontière d’avec l’Algérie est aussi tombée entre les mains du MNLA.

Le Colonel Takni Ag Intikane, Commandant de la zone militaire de Ségou, qui était parti patrouiller dans la zone avec ses éléments, a temporairement occupé le camp de garde de Léré. Une manière de rassurer ses camarades d’armes qui avaient décampé des lieux, il y a une dizaines de jours. On se rappelle que cette localité avait été prise par les rebelles, qui se sont dirigés ensuite vers Niafunké.

Le colonel Takni ne pouvant pas rester sur place a poursuivi sa mission de patrouille et de ratissage avant de replier à Ségou où il réside. Résultat : les éléments du MNLA sont revenus occupés de nouveau Léré, tôt le samedi 18 février, à 5 heures du matin, nous a-t-on dit. Ceux qui étaient là n’ont même pas résisté et ont pris la poudre d’escampette. Au moment où nous mettions sous presse, Léré est sous occupation MNLA. Le renfort sollicité n’était toujours pas en route.

Le même samedi 18 février, nous avons appris de source proche de la communauté Imghad, que la localité d’Inhalil, située au nord Ouest de Kidal, à la frontière d’avec l’Algérie, a été prise par les rebelles. Selon nos informations, ils ont tué deux commerçants : un Imghad et un Arabe. Conséquences : les Imghads qui se trouvent à Borj El Moctar, une localité algérienne, situé à la frontière d’avec le Mali, ont juré de payer cette «dette de sang», en menaçant des Idnanes et des Ifoghas, qui sillonnent la zone parce que ces deux communautés sont semble-t-il, les plus nombreuses parmi les rebelles.

Pour ceux qui ne le savent pas, Inhalil est une zone stratégique pour les grands bandits et trafiquants. C’est par là, que transitent la drogue, les armes, les clandestins qui se rendent en Espagne et plusieurs produits frauduleux. C’est une zone stratégique parce qu’elle permet aussi, avec la complicité de certains algériens, d’approvisionner les rebelles en vivres, carburants et de couper ces produits aux habitants de Kidal.

Le même samedi, les forces militaires du MNLA ont fait un passage éclair dans le chef lieu du cercle de Youwarou, région de Mopti (centre du Mali), à en croire plusieurs sources. Selon les informations véhiculées, elles ont attaqué des bâtiments administratifs et couper le réseau GSM. Avant de disparaitre calmement. Sans aucune anicroche.

La grande bataille de Tessalit

Quant à Tessalit, elle n’est pas totalement libérée parce que la bataille se poursuit. Le colonel Ould Meydou est parti en renfort auprès du Colonel Major, Elhaji Ag Gamou, confrontré à une véritable résistance pour la libération définitive de Tessalit. Dans notre précédente parution, nous avions annoncé que «Tessalit enfin libéré». Tel n’est véritablement pas le cas. Même si le camp militaire «Amashash» de Tessalit est pour l’instant occupé par des militaires maliens, les rebelles cherchent à affamer par la technique d’encerclement.

Les avions militaires ont pilonné les positions rebelles, dans la journée du mercredi 15 février pour favoriser l’entrée de Gamou dans la ville. Mais, ils ont essuyé des tirs d’orgues de Staline. Ils ne sont donc plus revenus et la mission de Gamou n’a pas été un franc succès, puisqu’il était obligé de replier autour d’un oued pour au moins profiter de l’eau. Cependant, au cours de la bataille qu’il avait menée à 25 km de Tessalit, avant d’arriver à cette position là, «beaucoup de rebelles ont été tués et des otages ont été pris dans le camp des ennemis», selon des sources militaires.

La bataille de Tessalit en cours est épouvantable pour les deux parties. En effet, pour les besoins de la cause, le MNLA a fait appel aux bancs et l’arrière banc. Une bonne partie de ses combattants serait venue à Tessalit avec un armement impressionnant. Elle est vraisemblablement sur une position favorable.

Impossible pour Gamou d’avancer, même avec le renfort, conduit par le colonel Ould Meydou. Sans l’appui des avions militaires, lesquels s’adonnent à la prudence, dans une zone défavorable et avec des ennemis hyper armés. A quand donc la fin de cette bataille ? Et quand la libération de Ménaka, de Tinzawatene, d’Inhalil et de Léré ?

A suivre.

Chahana Takiou

Le 22 Septembre du 20 Février 2012