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La crise au Nord-Mali demeure la principale préoccupation du moment et, en conséquence, mérite une attention toute spéciale. Surtout qu’elle est en passe de devenir une espèce de chancre pour une société qui ne rêve que d’une vie exempte de trouble et d’inquiétude.

Manifestement, l’on a aujourd’hui d’attention que pour le Nord-Mali où une rébellion touarègue, d’ailleurs très mal inspirée, sévit comme un feu de brousse sous l’harmattan ; et qui en est arrivé à affecter les esprits même à Bamako, et certaines régions, théâtres de marches de protestation contre le déficit de résultats qu’affiche l’Etat dans la gestion du problème.

« La seule chose que nous voulons, c’est l’indépendance de l’Azawad. Nous voulons vivre en paix à côté du Mali. Les Maliens sont nos frères, même lors des combats, tout soldat Malien qui déposera son arme sera sain et sauf entre les mains du MNLA », ces propos d’un combattant du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qu’on peut lire sur des sites, prouvent que les rebelles ne sont pas prêts à se dégonfler. Le signe apparent d’ouverture au dialogue qu’ils donnent sur certains médias n’est que de la poudre aux yeux.

Ce conflit n’en finit pas d’abasourdir le citoyen lambda. Les responsables de cette rébellion qu’ils appellent « révolution », se sont avancés dans des propos qui dénotent d’un soupçon de complexe chez eux. Cela est d’autant plus vrai que réclamer l’indépendance de cette partie du territoire national relève plus de la fantasmagorie que du bon sens, quand on sait que l’Etat passe le clair de son temps à concentrer tout son aide sur cette partie du pays.

Par ailleurs, ce complexe se vérifie surtout avec les différentes interventions de l’écrivain Moussa Ag Assarid, porte-parole et chargé des affaires humanitaires du mouvement sur les médias internationaux. A en croire à ce qu’il dit, les Touarègues ou les Nordistes sont affublés de l’étiquette « Bo Yoro Djan », c’est-à-dire des gens qui viennent de loin. Et c’est ce qui fait saigner son cœur à lui. Là encore, il est dans le tort ! Puisque c’est en plaisantant qu’on les appelle ainsi.

Cette crise est source d’inquiétude pour tout Malien épris de paix. Et la guerre, il faut le dire, ne se nourrit que d’hommes. Sinon rien d’autres. Il est donc aujourd’hui impérieux d’établir un climat propice à l’essor social, politique et économique qui demeure un sujet de premier plan.

Boubacar Sangaré

(étudiant à Bamako)

16 Février 2012