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Pour son retour dans la médiation entre le gouvernement malien et les rebelles du nord Mali, l’Algérie attendait certainement un signal fort de nature à la mettre en confiance dans son rôle. La visite chez Abdel Aziz Bouteflika, du ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, marque le dégel entre Bamako et Alger.

L’accord de principe donné par l’Algérie pour reprendre le dossier du nord est l’aboutissement d’une longue quête de tous les acteurs oeuvrant pour une paix définitive. C’est pourquoi ce pas de gagné mérite qu’on y veille avec précaution, afin d’éviter les mêmes erreurs qui ont coûté cher au processus de paix.

La visite du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, à Alger a été un succès. Au-delà du ministre algérien des Affaires, Moctar Ouane a été reçu le lundi 19 mai, par le président Abdel Aziz Boutéflika, qu’il a accompagné à un déjeuner.

Mieux, le président n’a pas fait attendre le ministre malien à son arrivée à Alger. Toute chose qui dénote de la chaleur des relations entre les deux voisins.

Certes les élus et les notables de la région de Kidal, les acteurs politiques maliens, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les autorités maliennes peuvent dire leur satisfaction d’avoir remis en marche la machine de la médiation qui était tant attendue.

Mais, ils doivent également veiller avec beaucoup de vigilance sur la sérénité retrouvée entre l’Algérie et le Mali, en ce qui concerne la médiation entre le pouvoir malien et les rebelles.

Les hommes d’Ibrahim Ag Bahanga, retranchés au nord du pays, sèment la terreur dans la région de Kidal avec des attaques répétées, tuant, prenant des otages et posant des mines anti personnelles. Et depuis quelques semaines, on assiste à la prolifération de groupuscules armés qui s’attaquent aux différentes unités militaires du nord et opérant même dans la zone de production de riz, l’office du Niger.

L’aile dure de la rébellion représentée par l’alliance Touareg Nord Mali pour le Changement (ATNMC) d’Ibrahim Ag Bahanga, qui s’est mise en marge de l’Accord d’Alger depuis sa signature et qui observe actuellement une trêve, a réclamé le retour de l’Algérie dans la médiation.

L’ATNMC a demandé l’implication de l’Algérie dans l’enquête sur l’assassinat du Commandant Barka Acheick, tué en avril dernier au lendemain du protocole d’entente signé à Tripoli en avril dernier.

Nous devons tirer les enseignements de cette absence momentanée de l’Algérie dans la médiation et s’en servir pour l’avenir. L’Algérie est sans doute le Médiateur capable de conduire à une paix durable. Il est donc indispensable de maintenir autour de ce pays une confiance lui permettant de mener à bien sa mission.

Garder à l’esprit que ce pays, à la différence d’autres, ne prêche pas pour sa chapelle au nord en y faisant pleuvoir le petro dollar pour se faire un électorat futur et déterminer les populations pour un grand Sahara.

La consolidation de la fraternité et la paix par le dialogue dont la médiation algérienne est porteuse nécessitent une confiance totale.

Et il faut surtout d’éviter de lui faire doublon, sans aviser comme cela a été le cas avec l’intervention libyenne, dans le dossier. Toutes choses qui nécessitent la franchise lorsqu’on se trouve en présence d’un grief.


B. Daou

21 Mai 2008