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Le Sadi s’insurge contre les autorités

Beaucoup de rumeurs ont couru au sujet des récents événements rendant sa compréhension plus difficile. Ce qui est évident, elle a provoqué un exode massif de populations vers des pays limitrophes comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger et la Côte d’Ivoire. Ces réfugiés sont «sous la menace d’une véritable catastrophe humanitaire qui était prévisible», relève le parti Sadi (parti d’opposition dans un communiqué signé par son président, Cheick Oumar Sissoko.

Cette crise, admettent tous les partis politiques, menace l’unité nationale et l’intégrité territoriale. «Elle met à nu l’absence d’une vision politique démocratique des autorités successives qui ont dirigé le pays de 1968 à 2002» ajoute le parti Sadi qui reste aussi catégorique : les rebelles ont fait du chantage permanent leur fonds de commerce. Le parti s’insurge contre les autorités d’avoir «engagé les troupes dans une guerre sans préparation suffisante, sans matériel adéquat et sans information des institutions de la République et du peuple malien».

L’opposition demande aux insurgés d’utiliser les voies et moyens pacifiques de dialogue pour régler leurs revendications et exprime le besoin de l’organisation d’une réunion de concertation sur la question.

La majorité présidentielle n’est pas également en reste. Le président de l’Assemblée nationale a réuni vendredi 3 février les partis représentés au parlement pour une analyse de la situation sécuritaire du pays. Le lendemain samedi 4 février, une délégation de la majorité parlementaire fut reçue par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré. Celle-ci, conduite par le Pr. Dioncounda Traoré, comprenant le parrain de l’URD, Soumaïla Cissé, le président du MPR, Choguel Kokala Maïga, le président du Parena, Tiébilé Dramé et le président du PSP, Oumar Hammadoun Dicko. «Le dialogue et la fermeté», c’est la ligne défendue par le président de l’Assemblée nationale à l’issue de cette rencontre.

Selon le Pr. Dioncounda Traoré, qui s’est confié à nos confrères de l’ORTM, l’objectif de cette entrevue avec le président de la République était de s’enquérir de la réalité des faits sur le problème du nord du pays. A l’issue de leur entretien avec le chef de l’Etat, la majorité parlementaire s’est, à nouveau, réunie le lundi 6 février dans le bureau du président de l’institution pour l’élaboration d’un plan d’action de sortie de crise. Si les conclusions de ce plan d’action restent dissimulées jusqu’à son approbation par les partis extraparlementaires, une chose semble certaine : la classe politique veut jouer sa partition dans la gestion de la crise récurrente du septentrion malien.

Seydou Coulibaly

Le 7 Février 2012

© AFRIBONE