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Il a fallu une rançon de 8 millions de dollar US pour obtenir la libération de Robert Fowler et Louis Guay, de source proche de la sécurité algérienne, rapporte « Macleans », un magazine hebdomadaire canadien dans un article publié le 29 avril 2009.

jpg_otagge_704270294.jpgSelon ce magazine canadien l’Allemagne et la Suisse ont payé à Al Qaïda islamique pour le Maghreb (AQIM), une rançon d’environ 8 millions de dollar US pour la libération de quatre otages dont les diplomates canadiens Robert Fowler et Louis Guay. Le magazine a cité un haut responsable de la sécurité algérienne qui a parlé à J. Peter Pham, un spécialiste de l’Afrique à l’Université « James Madison ».

Dans une interview accordée à Maclean’s, Pham laisse entendre que ce responsable algérien a reconnu que cette rançon était officiellement pour les deux otages européens seulement, un Suisse et un Allemand. Mais la somme payée était le double de ce qui aurait été nécessaire pour les libérer. Le supplément payé servait à couvrir la liberation de Fowler and Guay, ce qui a permis au Canada de nier le paiement de la rançon.

Le responsable de la sécurité algérienne a également confirmé qu’un membre de la famille du Guide libyen, Mouammar Gaddafi, – son fils Saife al-Islam, indique un autre reporter, aurait joué un rôle clé dans les négociations pour la libération des otages.

Les relations entre la Suisse et la Libye se sont tendues depuis la détention par la police suisse d’Hannibal Gadaffi, un autre fils de Mouammar, et son épouse, pour avoir battu deux de leur personnel à un hôtel de Genève, l’été dernier. La source algérienne estime que la Suisse devient maintenant redevable à Kadhafi qui chercherait certainement à tirer son épingle du jeu les jours à venir.

Avant la libération des otages, l’Universitaire Pham était en contact avec des membres du gouvernement et des haut placés des services de sécurité du Mali et du Niger qui lui ont déclaré que les négociations piétinaient parce que le Canada et les Nations Unies refusaient de payer la rançon à AQIM. Les ravisseurs voulaient que le gouvernement du Niger et du Mali libèrent les Salafistes en leur détention, quand ceux-ci étaient réticents à le faire. Le Mali et le Niger ont-ils eu leur part de compensation politique et financière, en échange de la libération des prisonniers d’AQIM ? Pham n’en a certainement pas la preuve, mais il soupçonne un gros deal.


Kory Teneycke,
le chargé de presse du Premier ministre Stephen Harper a déclaré au magazine Maclean’s que le Canada n’a fait aucune concession aux gouvernements du Mali ou du Niger pour les persuader d’échanger les prisonniers avec Al-Qaeda. “ Le gouvernement du Canada n’a donné aucun sou et n’a rien concédé pour obtenir la libération de ces deux otages,” a-t-il déclaré.

Des sources ont indiqué que quatre Salafistes qui étaient détenus au Mali ont été libérés comme faisant partie d’un “deal” pour échanger les otages canadiens et européens. Al-Qaeda a produit une déclaration similaire. Il est probable que le Mali ait accepté de libérer les prisonniers sans une compensation, ou la menace de perdre quelque chose s’il refusait. Le Canada a récemment focalisé son aide étrangère sur seulement 20 pays, le Mali en est un. Et le président ATT n’a pas manqué de l’exprimer avec force le 23 avril à Koulouba.

B. Daou
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Erratum

Dans notre édition n°2843 du mardi 28 avril, une erreur nous a fait écrire que Canwest News Service était une source proche des Nations Unies, mais nous apportons la précision qu’il ne s’agit pas d’une agence d’Informations des NU, même s’il s’agit d’une source canadienne bien informée sur la question des otages canadiens. Nous présentons toutes nos excuses à nos fidèles lecteurs.

04 Mai 2009