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La libération dans la nuit de vendredi à samedi 8 mars 2008 des derniers otages militaires détenus pendant sept mois dans les camps de l’Alliance Touareg Nord-Mali pour le changement ne serait-elle qu’un fétu de paille dans la recherche de la paix au Nord-Mali ?

Dans un communiqué, dont une copie nous est parvenue, l’Alliance Touareg Nord-Mali pour le changement (ATNMC) s’insurge contre le président de la République qui, selon elle, jouerait avec le feu avec la non-application de l’Accord d’Alger.

« La situation pourrait rapidement et définitivement se détériorer si rien n’est rapidement fait pour parvenir à une paix juste », avertit le porte-parole du mouvement Hama Ag Sid’Ahmed, qui ajoute que le pourrissement de ce conflit, « simple à gérer », serait désastreux pour toute la sous-région.

« Depuis des mois, le gouvernement malien refuse le dialogue avec l’ATNMC qui a pourtant fait des gestes et a libéré en octobre, décembre 2007 et janvier 2008 plusieurs groupes de militaires maliens faits prisonniers. En retour, le gouvernement malien n’a fait aucun geste, et son refus d’engager de vraies négociations a définitivement créé une profonde rupture de confiance des Touaregs envers cet Etat qui ne cesse de trahir ses engagements et manifeste sa mauvaise volonté ».

Malgré l’insistance du président américain qui aurait conseillé à son homologue malien « de régler rapidement la question touareg pour assumer le contrôle de l’implantation d’Al-Qaïda dans cette zone » et qui devait l’inciter à accélérer la négociation, le président ATT, constate l’ATNMC, traîne les pieds.

C’est pourquoi, poursuit le communiqué, une grande rencontre a réuni les 6 et 7 mars les cadres et notables touaregs à l’instigation de l’ancien gouverneur touareg de la région de Kidal, Eglez Ag Afoni. Les discussions ont porté sur le refus du gouvernement malien d’aller au dialogue (sécurité, développement social, particularités de la région de Kidal…) et sur la situation des militaires maliens retenus prisonniers par le mouvement.

Les cadres et notables touaregs auraient convenu de travailler ensemble pour obtenir de l’Etat l’application de l’Accord signé à Alger le 4 juillet 2006 entre le gouvernement malien et le mouvement touareg. « Si les autorités centrales maliennes ne mettent pas tout en œuvre rapidement pour parvenir à une paix juste dans la région (départ du dispositif militaire et négociations dans le cadre de l’Accord d’Alger…), la situation pourrait rapidement et définitivement se dégrader ».

Le mouvement raille enfin le peu d’intérêt du général président qui a laissé croupir ses frères d’arme des mois durant dans des camps retranchés de l’ATNMC.

La rédaction

13 mars 2008.