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La libération par la gendarmerie de deux trafiquants de drogue, Baba Ould Cheick et Mohamed Ould Awaïnat, arrêtés par les troupes françaises dans le nord du Mali, complique la position de Dioncounda Traoré envers nos partenaires. La France et les Etats-Unis combattent la vente et le trafic de la drogue sous toutes ses formes. Ils savent que nos plus hautes autorités se trouvent au cœur de ce système mafieux du commerce de la drogue.

La preuve ? Air Cocaïne avec ses ramifications et intermédiaires, qui a été précédé d’autres atterrissages de cargaison dans la même zone. En dix ans, c’est tout un système, encadré depuis le sommet de l’Etat, qui a basculé dans ce commerce juteux de «stupéfiants».

Sous le président ATT, un homme qui ne s’est jamais pris au sérieux, même pas l’Etat, que de nombreuses personnalités du Mali se sont données à cœur joie à la vente de la drogue. Mais je crois que c’est mal connaître les Américains en ne comprenant pas que l’impunité n’existe pas dans leur culture et encore moins les Français, en croyant que les fonds versés pour la libération des otages seront mis au compte des pertes ! L’exil sénégalais de l’ancien chef de l’Etat du Mali, nul doute, n’est qu’une étape si les autorités maliennes venaient à traîner les pieds dans la mise en accusation de cet homme.

L’épilogue du président panaméen est encore vivant dans nos esprits. Manuel Antonio Noriega (matricule 41586), c’est son nom président du Panama, était dans la vente et le trafic de drogues. Un hélicoptère, en provenance des USA, atterrit dans le palais présidentiel, l’ex-filtre, le transporte à Washington, où il a été jugé et écroué à 40 ans.
Amadou Toumani Touré, ses bidasses, ministres, députés, hommes politiques, courtisans, religieux et société civile n’échapperont pas à la justice américaine. Dès lors, on comprend aisément la confiscation du pouvoir par le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR) et leur refus d’aller à la concertation nationale.

Nul doute que les signes extérieurs du «commerce de la drogue» étaient perceptibles dans le pays du général ATT, de grandes dames aux boubous bazin richement brodés, à bord de voitures de luxe, marque touarègue, des sacs en main bourrés de billets de banque, ou des jeunes hommes habillés avec extravagance, lunettes noires, fumant un cigare possédant trois téléphones de luxe dans une 4×4, ou encore ces opérateurs économiques devenus subitement très riche sans activité économique aucune, même des leaders religieux surtout ceux politiquement engagés n’étaient pas blancs comme neige.

A Gao, un nouveau quartier, avec des immeubles chics, a surgi de terre. Comme on le dit si bien au Mali, avec la vente de la drogue et le blanchissement de l’argent sale, le pouvoir du général Amadou Toumani Touré a fait perdre au Mali et à ses institutions toute honorabilité et respectabilité. Quoi de plus choquant lorsque les autorités mauritaniennes élevaient le ton en disant que «le Mali était un Etat voyou».
Mais pour le général Amadou Toumani, qui tient la tête de peloton des narcotrafiquants d’une liste dressée par la CIA, le chien aboie la caravane passe.

Sur cette liste, on note d’autres complicités entre autres, le nom d’un des chargés de communication du président déchu.
La quasi-totalité des noms des généraux de l’ère ATT y figurent. Le nom de la femme d’un des directeurs de la Sécurité d’Etat du Mali est bien mentionné. Des journalistes d’un groupe de presse proche d’un président du Mali sont pointés d’un doigt accusateur. Aussi, la sortie récente des rebelles, depuis la publication par la justice malienne d’une liste de narcotrafiquants, empêche- t- elle le pouvoir de Bamako de dormir. Et les rebelles préviennent qu’ils vont parler.

Safouné KOUMBA

L’Inter de Bamako du 18 Février 2013