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Depuis le début des hostilités dans la région de Kidal, le 17 janvier dernier, nos forces armées nous en ont fait voir de toutes les couleurs. Du «repli tactique» jusqu’au territoire voisin, on est passé à «la peur des pertes en vie humaines au sein de la population civile». A chacun son échappatoire.

Mais la réalité est tout autre. A part à Adiel Hoc, où les hommes se sont réellement battus, on a assisté, tout le reste du temps, à une véritable débâcle. Contrairement à ce qui s’est dit ici et là, la prise du camp d’Amashah à Tessalit, début mars, s’est passée en douce, puisque les militaires se sont répartis nuitamment dans des véhicules pour fuir.

A Kidal, c’est le CNRDRE qui a, lui-même, demandé aux militaires de cesser de se battre. Idem pour Gao, où la moitié des camps 1 et 2 s’était vidée la veille de l’arrivée des éléments du MNLA et d’Ansar Dine.

Hier, à Tombouctou, les milices Arabes ont trouvé un terrain d’entente avec les rebelles pour «gérer la ville ensemble». 48 heures auparavant, les militaires avaient déjà pris la poudre d’escampette. Au moment où nous mettions sous presse, la localité de Gossi était laissé à elle-même, car l’un des Capitaine de l’Unité Mehari s’est emparé de deux BRDM et a détalé avec plus de 85% de l’effectif du camp.

On le voit, avec ces différents événements, l’impuissance de notre armée, son sous-équipement et le laxisme qui la caractérise ont été dévoilés au grand jour. Et dire qu’ATT déclarait «ce que vous avez vu lors du défilé du 22 Septembre n’est qu’une partie de nos troupes et de notre armement». Comme on le dit chez nous: «si on prétend être beau la nuit, le jour se lèvera…».

Paul Mben

02 Avril 2012