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Selon des sources concordantes en provenance du Nord Mali, les hommes de Ibrahim Bahanga seraient en train de procéder à des recrutements massifs dans les régions du Nord Mali à savoir Tombouctou, Gao et Kidal. Ces rebelles en rupture de ban sont en train de sillonner les brousses et les villes du Nord avec des valises pleines d’argent.

Ce sont les jeunes qui sont particulièrement visés. A ces derniers qui sont animés d’un sentiment d’abandon par l’état et qui sont toujours sollicités pour déclencher des opérations militaires en cas de mouvement irrédentiste, Ibrahim Ag Bahanga leur propose la rondelette somme de quatre cent mille (400 000 F Cfa). Un montant difficile à refuser dans une zone caractérisée par l’aridité, l’excentricité géographique, l’enclavement et le sous-peuplement. Selon nos sources, c’est la région de Gao plus peuplée que les autres qui est visée par les hommes de Bahanga.

Face à ce danger qui guette les jeunes des régions du Nord, un forum dit Forum des populations du Nord vient aussi de lancer une vaste campagne de sensibilisation à l’adresse des jeunes du Nord Mali. Cette campagne, selon nos sources, a pour objectif principal de dissuader ces jeunes du Nord à répondre à l’appel des hommes de Bahanga qualifiés de «bandits armés».

Si officiellement on ne fait nullement état d’une telle information ni de sa véracité, il n‘en demeure pas moins qu’elle constitue aujourd’hui un secret de polichinelle pour les populations du Nord.

Le Forum des populations du Nord dont les membres ont joué un grand rôle lors de la résolution de la rébellion touarègue de 1991 se dit plus que déterminé à barrer la route à des gens qui veulent aujourd’hui réactiver la rébellion.

Toutes ces initiatives belliqueuses de Ibrahim Bahanga sont prises depuis la ville algérienne de Tamanrasset où il réside présentement. Le journal français «L’express» dans sa parution de la semaine du 4 au 10 octobre 2007, N°2935 a d’ailleurs fait état d’un rendez-vous à Alger entre rebelles touaregs.

Notre confrère de l’Express, Vincent Hugueux fera en effet savoir qu’«A la faveur de rencontres supposées secrètes, de hauts responsables algériens, proches du président Abdelaziz Boutéflika, viennent de recevoir tour à tour les chefs des deux mouvements de rébellion touareg actifs dans la zone sahélienne. D’abord le Malien Ibrahim Bahanga, présent à Alger dès le 28 septembre, puis Aghaly Alambo, patron du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ), parvenu le 1er octobre dans la capitale Algérienne via Tamanrasset».

Dans le même journal français, «L’Express» il ressort : «Tandis que plane le spectre d’une Alliance touareg Niger Mali, ces contacts perpétuent une longue tradition de médiation cultivée par l’Algérie. Mais ils s’inscrivent aussi dans la chronique tumultueuse de la rivalité régionale entre ce pays et son voisin Libyen, «Haut médiateur de la communauté des Etats Sahélo sahariens, le Guide Mouammar Kadhafi a en effet été sollicité, fût-ce de manière indirecte, tant par les rebelles du MNJ que par Niamey, où l’on redoute sa capacité de nuisance».

Cette révélation montre en tout cas la position équivoque de l’Algérie dans ce dossier du Nord Mali.

Birama Fall