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La lutte contre l’ensablement notamment l’invasion des sources d’eau par le sable dans les régions du Nord du Mali est la condition sine qua non du développement de cette partie de notre pays. Le Programme environnemental d’appui à la lutte contre la désertification (PEALCD) a fait sien ce combat à travers la stabilisation des dunes par la plantation d’arbres.

Il y a plus de deux décennies que le Septentrion malien est frappé par la sécheresse. Les espaces verts et les sources d’eau ont été considérablement atteints, voire anéantis par le fléau. Une intervention énergique des autorités s’est alors imposée pour contrecarrer l’avancée du désert. C’est dans ce contexte que le Mali a signé en 2001 avec la Communauté européenne la convention de financement du PEALCD. Le montant alloué est de 15 millions d’euros pour une période de 5 ans. Le projet vise non seulement à protéger l’environnement, mais aussi à lutter contre la pauvreté.

« Si le PEALCD n’avait pas existé, on aurait dû l’inventer ». Ces propos du directeur de la Conservation de la nature de Tombouctou, commandant Abdoulaye Tamboura, illustrent à merveille l’utilité des travaux entrepris par le Projet. En plus de la plantation des arbres sur d’autres sites dans le cadre du reboisement des espaces dégradés ou ensablés, le PEALCD œuvre surtout dans la protection des berges du fleuve contre l’ensablement en fixant les dunes.

Financé par le 8e Fonds européen de développement (Fed), le projet de fixation a concerné plusieurs sites dans la région de Tombouctou. Au nombre de ceux-ci, nous pouvons citer les sites de Toya et de Djéguelia dans la Commune d’Alafia, qui menaçaient tous les deux le fleuve Niger.

Pour cette fixation, deux approches différentes ont été utilisées, à savoir le cas de la plantation arrosée dont un hectare de fixation coûte 850 000 F CFA et celui de la bouture d’éphore avec 750 000 F CFA l’hectare. Toutes les deux passent par deux phases, qui sont la fixation mécanique et la fixation biologique. Le premier consiste à piéger le sable par un quadrillage et le second concerne la plantation d’arbres à arroser.

« Avant la fixation, le sable avait envahi des villages causant leur déplacement vers d’autres lieux et le fleuve était sur le point d’être affecté. Des périmètres irrigués ont péri. Maintenant, la dune se stabilise et nous souhaitons que les efforts soient renforcés dans cette voie », a affirmé le chef de village de Toya, Yacoubou Mahamane Touré.

Un ennemi juré

En effet, avec la poussée d’arbres, la dune du site de Toya a diminué de 5 mètres et la localité n’est plus menacée par le sable. Le résultat est que les habitants peuvent pratiquer le maraîchage en profitant de l’eau du fleuve.

Quant au site de Djéguelia, la dune a été complètement fixée. La localité a même été restituée aux responsables locaux. « C’est une réussite. On peut voir que la terre devient de plus en plus compacte », s’est réjoui Soumana Fofana, responsable technique du PEALCD.

En vue de pérenniser ces acquis, le Projet a signé un protocole avec toutes les couches concernées par les lieux (responsables municipaux, populations…) La signature de ce protocole est bien justifiée quand on sait que les menaces ne manquent pas.

Tout au long du périple, c’est le problème de la divagation des animaux qui a été évoqué comme difficulté majeure par les responsables techniques que ce soit du PEALCD ou d’autres. Cette divagation est imputable au fait que le Nord est une zone où l’élevage constitue l’une des principales activités. « Nous devons organiser une journée de concertation sur le problème », a déclaré le préfet de Niafunké, Bania Mahamoudou Guitteye.

Si la concertation se présente comme une nécessité impérieuse, c’est la compréhension des populations qui fait le plus peur, d’où la complexité de la question, a continué le préfet. A l’en croire, une issue favorable acceptable par tous les habitants doit être trouvée pour que les résolutions n’entraînent pas, dans leur sillage, d’autres problèmes sociaux.

Même son de cloche chez le directeur de la conservation de la nature de Tombouctou. « Il faut que la divagation prenne fin et cela ne peut pas se faire sans l’adhésion des populations aux solutions qui seront proposées. Tant que cela ne sera pas fait, notre travail ne sera pas à l’abri d’éventuels périls », a laissé entendre le commandant A. Tamboura. Comme pour dire « aux problèmes locaux des solutions locales ».


Un fruit du PEALCD

Mohamed Ben Nazim Ben Barka, propriétaire d’un verger à Tombouctou, a bénéficié de l’aide du PEALCD. D’une superficie de 3 hectares, son verger a prospéré grâce à l’appui technique et logistique du projet. « Le PEALCD est un bon partenaire à qui je dois beaucoup. J’invite mes frères à travailler car nous avons la terre et l’eau ».
Même s’il regrette le manque de produits pour traiter les arbres et la divagation des animaux, M. Nazim Ben Barka se félicite d’avoir approvisionné la Commune urbaine de Tombouctou en citron pendant le mois de Ramadan.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire, envoyé spécial)

12 Décembre 2007.