Partager

La salle Bazoumana Sissoko du palais de la culture Amadou Hampâté Ba de Bamako a abrité le 30 juin 2012, l’Assemblée générale du Collectif des ressortissants du nord (Coren). Le but de cette assemblée est de solliciter l’intervention de la communauté internationale pour aider la République du Mali à libérer le nord et d’éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale sur le sit-in que le Coren compte observer le mercredi 04 juillet au monument de l’indépendance. La cérémonie était présidée par Ousmane Issoufi Maïga, président d’honneur du Coren, en présence d’Arboncana Boubèye Maïga, président du Coren, de El Hadji Baba Haïdara, président des élus du nord et de nombreuses autres personnalités.

Les gens ont répondus massivement à l’appel du Collectif des ressortissants du nord (Coren). Parmi eux, l’on note Soumeylou Boubèye Maïga, ancien ministre des affaires étrangère et de la coopération internationale, Aliou Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, Me Mountaga Tall, député à l’Assemblée nationale, les représentants du parlement panafricain. En prenant la parole, le président d’honneur du Coren, Ousmane Issoufi Maïga a souhaité la bienvenue à tout le monde et a dit que les gens ont les cœurs meurtris à cause des actes inhumains qui entrains de se dérouler au nord du Mali. Il a indiqué que malgré les forums, les marches, les discours la situation dans les régions nord du Mali continuent d’être aggraver.

Selon Ousmane issoufi Maïga les activités doivent être organisées pour mener la pression au gouvernement afin de bouter les assaillants hors du territoire nationale du Mali parce que dit-il, le Mali est un et indivisible. Il a souligné que les jeunes et les femmes de Gao, Tombouctou, Kidal ont donnés l’exemple en faisant la résistance à main nue contre les groupes armés. Le président d’honneur a souhaité l’union, la cohésion des uns et des autres car l’union fait la force. Il a fait savoir qu’un sit-in sera observer par le Coren et ses sympathisants au monument de l’indépendance le mercredi 04 juillet 2012 pour exprimer leurs désarrois et amertumes. Pour El Hadji Baba Haïdara, président des élus du nord, l’heure est grave et le gouvernement malien hésite encore à prendre la décision qui vaille.

A cet effet, il a rappelé la nécessité d’inviter la communauté internationale à venir au secours du Mali. Le président du Coren, Arboncana Boubèye Maïga, le temps est aux actes concrets pour libérer les trois quart du pays. (Lire l’intégralité des deux discours en page 8). Les représentants du Coren à Ségou, Kayes, Sikasso ont tous souhaité la libération immédiate des régions nord du Mali. Gaoré Traoré, représentant du cercle de Kita a profité de cette assemblée pour remettre au Coren la somme de 200 000 Fcfa et un sachet contenant les habits pour diminuer la souffrance des populations du nord. Hon Roger NKodo Dang, vice-président du parlement panafricain a fait savoir que la situation au Mali trouvera une issue heureuse à travers la communauté nationale et internationale. Il a indiqué que l’Afrique n’a pas besoin de vivre des atrocités. « Je vous demande à taire vos égoïsme. Si vous êtes soudé, vous pouvez gagner la bataille mais disperser vous ne pouvez pas gagner », a conclu le vice-président du parlement panafricain. L’Assemblée générale a pris fin par la prière.

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 2 Juillet 2012


Discours Arboncana Boubèye Maïga Secrétaire général adjoint du Coren

A l’entame de mon propos je voudrais que nous observions une minute de silence à la mémoire de tous nos martyrs tombés au champs d’ honneur.

Mes chers frères

Mes chères sœurs

Merci d’être venus nombreux, encore une fois, à cette assemblée générale du COREN

Le COREN qui est fier de votre constante mobilisation de votre indéfectible engagement, de votre détermination.

Merci au COREN du sud, au COREN de l’est et de l’ouest. Merci surtout au COREN du Nord au COREN de Gao, qui ses derniers jours, a montré qu’il n’est pas le descendant d’ancêtres poltrons, d’ancêtres à la mentalité d’esclave. Oui, Gao aujourd’hui et comme lui hier Kidal et Tombouctou ont emprunté le chemin de l’honneur, parce que celui de la résistance.

Merci pour l’exemple.

Oui mes chers et frères et sœurs, Gao sans kalaches, mais Gao, Gao sans obus, mais Gao. Gao sans chars et sans avion, mais Gao. Oooh oouui, Gao les mains nues et Gao fière et combattante de la liberté.

Et je vous le dis à tous dans cette salle comme de par le monde notre résistance continue et continuera à Tombouctou, Albilali soudane, à kidal de Firhoun, à Ansongo Afoudou à Goundam, Léré, Abeïbara, Aguelhok rouge du sang des nôtres, Tessalit, Labezangua Notre résistance ne s’arrêtera jamais quel que soit l’ennemi en face. Et nous le clamons haut et fort nous sommes et serons toujours les artisans de notre destin.

Nous le sommes d’autant plus que nous ne sommes pas seuls. Nous sommes loin d’être seuls comme en témoigne les nombreuses aides, en tous genres qui nous parviennent de l’intérieur comme de l’extérieur. Comme en témoignent l’accompagnement inestimable des organisations humanitaires : Croix Rouge, Croissant Rouge, Haut conseil Islamique AMDH, Amnesty international et autres.

Nous ne sommes pas seuls comme en témoigne le courage et la témérité de nos jeunes, de nos pères, de nos mères, de nos fils, de nos filles.

Nous ne sommes pas seuls comme en témoigne le relais sans prix des medias nationaux et internationaux.

Non nous ne sommes pas seuls. C’est pourquoi le COREN : le Collectif des Ressortissants du Nord est devenu le Collectif des Ressortissants du Mali pour le Nord. Ce Nord aujourd’hui meurtri mais sachant compter sur lui-même et sur ses amis de par le monde.

Aujourd’hui, comme hier, par nos pères, face à cet ordre barbare que l’on essaye de nous imposer nous répondrons par notre courage, notre détermination à ne pas céder, à ne jamais reculer à ne pas abandonner nos familles, nos parents, notre pays et notre terre. Nous nous battrons partout, dans chaque village, dans chaque hameau dont les cœurs battent dans nos cœurs à tous, ici et ailleurs. Nous nous battrons pour notre honneur. Nous nous battrons pour le Mali qui ne tombera jamais en de mains étrangères, en de mains hostiles, en des mains que nous n’avons pas choisies, pour des principes de vie que nous n’avons pas choisis.

Mes chers frères et sœurs,

Hommes de paix pour un monde de justice, de démocratie et de paix.

Kidal traumatisé, mais Kidal debout. Gao vandalisé, pillé, outragé mais debout, Tombouctou fouettée et humiliée mais Tombouctou debout. Et il en sera toujours ainsi. Oui mes chers frères et sœurs nous sommes debout et déterminés, définitivement engagés et nous demandons à nos autorités, au gouvernement du Mali de l’être avec nous. Qu’ils le sachent le Mali a été engagé dans une guerre injuste et le temps n’est plus à la léthargie, à l’inertie, aux interrogations et aux questionnements.

Le temps est aux actes, aux actes concrets pour libérer les trois quart du pays, pour ramener plus de la moitié des populations de ces contrées dans leur foyers, pour assurer la survie et la vie de tous ces compatriotes.

Il le faut pour faire mentir tous ceux qui disent que la Nord a été abandonné à son triste sort.

Pour nous faire mentir nous mêmes.

Et parce que nous les avons suffisamment attendus, aujourd’hui nous exigeons d’eux assistance et engagement. Nous le ferons sous la forme d’un sit-in à Bamako, aux portes mêmes de nos dirigeants

Un Sit-in pour la Liberté, Car notre liberté a été confisquée

Un Sit-in pour l’Indépendance parce que notre pays est sous occupation étrangère

Un Sit-in pour la paix parce que c’est notre art de vivre et notre culture

Un Sit-in pour le Mali un et indivisible.

Un Sit-in pour une République laïque et démocratique, le mercredi 4 juillet et jours suivant, de six à douze jusqu’à ce que les autorités prennent la décision qui s’imposeNous les harcellerons jusqu’ à ce qu’ils se décident à s’occuper de nous autrement que par des communiqués attendris de soutien et du constat de l’ampleur de notre désastre.

Mes frères, mes sœurs dites le à tous ces indésirables qui parcourent nos rues et nos campagnes. Jamais ils ne nous dompteront, jamais ils ne nous casseront, jamais nous ne cesserons d’être ce que sommes, pour devenir ce qu’ils veulent que nous soyons.

Jamais, jamais.

Cher frères et sœurs faites que notre exigence citoyenne, par notre mobilisation pleine et entière, amènent nos autorités à prendre leurs responsabilités, toutes leurs responsabilités vis-à-vis du Nord, vis-à-vis de nous, vis-à-vis du Mali.

Faisons de ce Sit-in républicain, un succès

La lutte continue.

Je vous remercie.


Discours de l’Honorable El Hadji Baba Haïdara, président du Collectif des élus du Nord

Chers frères et sœurs l’heure est grave.

Notre territoire est ‘entré des mains étrangères dans une complexité indescriptible.

Notre pays est dans un désordre inqualifiable, suite à la rébellion armée et au coup d’Etat.

Nos populations subissent impuissantes chaque jour, l’oppression et l’humiliation des occupants dans un système colonial contre leur volonté.

Si nous disons que l’heure est grave c’est parce que dans la pratique nous ne sentons pas les décideurs, aucun signe visible d’action allant dans le sens de libérer cette région n’a été engagée, pas un litre de gasoil n’a été envoyé au nord au nom de l’Etat malien.

La responsabilité du gouvernement de la République du Mali est pleine et entière, elle hésite encore à prendre la seule décision qui vaille. Inviter la communauté internationale à venir à notre secours.

La responsabilité des militaires qui ont fait un coup d’état semble-il pour libérer immédiatement le nord et qui sont incapables de se mobiliser.

Nous avons averti que le pourrissement de la situation peut entrainer une guerre civile et nous ne sommes pas encore écoutés et aujourd’hui avec ce qui se passe à Gao tous les signes le prouvent et il faut le craindre.

Nous avons dit aux membres du gouvernement à l’assemblée nationale que leur responsabilité sera pleine et entière si l’hésitation dans la décision d’intervenir au nord amène un jour une population noire majoritaire excédée à se révolter, car ce serait une affaire de noirs et de blancs et on ne le leur pardonnera pas.

Les islamistes et le MNLA se sont affrontés à Gao il faut s’en réjouir cependant il est important de rester prudent car la raison de leur opposition ne nous concerne pas.

Je rappelle à chacun que nous n’avons invité aucun d’eux à venir et ils sont tous indésirables et doivent être combattus. Les pratiques d’Ansa radine à Tombouctou sont inqualifiables:

Effacement de tous les symboles du Mali, refus de hisser le drapeau national; – Coups de fouets distribués à de vieilles personnes pour avoir·fumé de la cigarette; Mégots de cigarette éteint dans la pomme de la main des jeunes;

Humiliation de jeunes couples pour adultères;

Mariages forcés pour organiser le viol; Démolition des mausolées après leur profanation.

Ce matin les tombes de Sidy Mahmoud 1546, alpha mogya 1593 et Sidy Elmoctar ont été rasés.

Camarades: nous avons fait des assemblées générales, des meetings des marches, nous sommes restés disciplinés et respectueux des règles de l’Etat nous n’avons pas été entendus.

Nous avons été ignorés tandis que nos populations et nos parents continuent de souffrir et d’être humiliés personne ne vient à leur secours. Ou est l’armée malienne? Ou est le gouvernement du Mali.

Devons nous encore croiser les bras? Non et mille fois non.

Sur la sécurité alimentaire des populations, nous avons attiré l’attention du gouvernement sur les risques que l’aide ne bénéficie aux populations nécessiteuses. Les vivres transportés bénéficient plus aux acteurs c’est-à-dire les commerçants, les transporteurs, les convoyeurs et les occupants qu’à ceux auxquels ils sont destinés.

Les populations du nord du Mali préfèrent leur liberté au kg de riz distribué par famille, elles demandent de les libérer pour leur rendre leur dignité afin qu’elles vivent du fruit de leur labeur au lieu d’être des assistées. A ce titre il est utile de citer Ahmed Sékou TOURE :

NOUS PREFERONS LA LIBERTE DANS LA PAUVRETE A L’OPULENCE DANS L’ESCLAVAGE.

Camarades l’heure est à la décision:

Occupons l’espace public à l’instar des égyptiens jusqu’à la mobilisation des troupes pour aller libérer le nord à partir de lundi.

Ou alors ensemble oublions l’Etat malien et allons nous sacrifier avec nos parents et devant nos colonnes ceux d’entre nous qui peuvent prendre les armes. Camarade agissons notre Etat nous a oublié.

Plus d’hésitation pou le sacrifice au profit de nos parents et de notre terroir

EL HADJI BABA HAIDARA

Le Républicain du 2 Juillet 2012