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Exeunt donc les rebelles du MNLA de Gao, chassés comme des malpropres par leurs amis et complices d’hier, les islamistes du Mujao, devenus, à la faveur des derniers évènements en date, les seuls maîtres d’une région où ils entendent enfin appliquer à loisir leur si chère charia.

Reste à savoir si les rebelles touaregs se résoudront à baisser les bras : de toute évidence, ils auront opté pour une autre stratégie, puisqu’ils clament que la débâcle qu’ils ont subie à Gao ne représente qu’une bataille ; à leurs yeux, la guerre est à venir et on verra ce qu’on va voir. Mais le cœur du débat, aucune des deux fractions belligérantes ne l’approche vraiment, car enfin, ils devraient s’occuper de savoir ce que veulent les habitants de cette partie septentrionale du Mali, qu’ils ont littéralement occupée, pillée et qui, désormais, ploie sous le joug d’une tyrannie sécessionniste doublée d’exactions faussement religieuses. Mais là, on l’imagine, MNLA et MUJAO n’en ont cure.

Et le tout dans un contexte d’ouverture du 41e sommet de la CEDEAO dans la capitale politique ivoirienne, dont, le plat de résistance sera sans doute une énième tentative de résolution de l’épineuse question malienne. Que doit-on en attendre ? il faudra patienter pour le savoir ; certains précédents fâcheux démontrant à quel point trouver un consensus relève de la quadrature du cercle pour les dirigeants de l’instance ouest-africaine, il est permis de s’armer de patience tout en croisant les doigts en attendant peut-être que le miracle se produise et que se découvre la panacée.

Entretemps, les populations des zones occupées devront prendre leur mal en patience. En tout état de cause, et à supposer que le MNLA soit définitivement bouté hors du circuit, elles oublieront le pire des tourments dont le Mali se trouvait menacé : la partition du pays. Exit la peste, mais demeure le choléra.

Restent les islamistes du Mujao ; ils ont le mérite de refuser la partition du pays, mais entendent appliquer leur charia ; il n’est pas exclu que, dans juste quelques temps, ils se rendent compte que l’entreprise est difficilement réalisable si d’aventure ils cherchaient à la jouer dans toute sa rigueur. Et rien ne dit que dans l’intervalle, la CEDEAO n’aura pas enfin découvert le fil d’Ariane qui lui permette d’aller chercher certains minotaures qui entendent écumer la partie septentrionale du territoire malien. On touche du bois et on croise les doigts.

Par Jean Claude Kongo

L’Observateur Paalga

29 Juin 2012

Source : Lefasao.net