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La carotte avant le bâton pour réhabiliter le nord du Mali ? En d’autres termes, les pourparlers avant la poudre des canons ? C’est ce que l’on peut dire de l’initiative du président burkinabè, Blaise Compaoré, médiateur pour l’Afrique de l’Ouest, qui a pris langue avec les bandes armées du Nord-Mali dans le cadre d’une série de « consultations ».

Cette approche du président Burkinabé, même si elle a peu de chance de produire des résultats miraculeux, aura l’avantage de retarder un peu la tentative de rapprochement entre le Mnla et Ançar Eddine qui cherchent à recoller les morceaux, suite à l’éclatement de leur alliance sur fond de malentendu pour le contrôle des territoires conquis. Faudrait-il faire confiance à Blaise Compaoré dont la médiation au Mali, dans le cadre de la crise institutionnelle, n’a apporté que déboires et déceptions ? Dans tous les cas, c’est le Mali qui doit se décider soit de prendre le taureau par les cornes pour commencer les opérations militaires de libération des régions de Gao, Kidal et Tombouctou soit faire appel aux forces de la Cédéao pour y parvenir.

Les salafistes seraient en train de planifier un assaut sur le sud du Mali

La meilleure façon de se défendre, c’est d’attaquer et de porter les combats loin de ses bases. Telle semble être l’option du Mnla et Ançar Dîne qui tentent de faire un rapprochement pour préparer la suite de leurs opérations vers le reste du territoire malien. En effet, selon des informations concordantes, l’alliance du mal qui occupe les trois régions du nord du Mali voudrait prendre les devants avant une éventuelle attaque de forces internationales alliées pour les déloger. C’est ainsi que les salafistes se sont lancés dans une vaste opération de recrutements de jeunes combattants ; on parle de plus de 2000 jeunes recrutés dans divers pays de la bande sahélo-saharienne et acheminés vers Tombouctou pour être formés. En effet, le désert à l’entrée de Tombouctou est devenu la base internationale d’entrainement des combattants d’Al Qaïda et les plus grands instructeurs pakistanais y ont pris leurs quartiers pour y accueillir les jeunes recrues. C’est une opération préparée depuis quelques semaines par l’alliance Aqmi-Ançar-Dîne et Mujao dont l’objectif essentiel est de conquérir tout le territoire malien pour y imposer la charia. Avant d’essaimer vers les autres pays de l’Afrique de l’ouest pour y mener des opérations. Pendant que les islamistes renforcent leurs effectifs et dispositifs de combat, les militaires chargés de libérer le nord du Mali sont embourbés dans une spirale de querelles pour le contrôle du pouvoir à Bamako. Alors qu’il y a une impérieuse nécessité de faire face à ce danger transfrontalier que représente le salafisme.

L’épouse du capitaine Sanogo voyage en jet privé sur Abidjan

Comme les gens peuvent vite changer de statut dans ce pays. Ceux qui ont croisé Mme Haya Sanogo à l’aéroport de Bamako-Sénou, lundi dernier, ne nous démentiront pas, tant elle a vite pris les allures d’une Première dame. Normal, diront certains, parce que son époux de président du Cnrdre n’est plus n’importe qui dans ce pays. Il faut d’ailleurs, désormais, le considérer comme un ancien chef d’Etat, avec tous les avantages, selon l’accord signé avec la Cédéao. Faut-il aussi considérer Mme Sanogo comme une ancienne Première dame ? Pourquoi pas, puisque déjà elle en a pris l’allure et voyage en jet privé, comme c’était le cas lundi dernier, pour aller à Abidjan et Ouagadougou. Pourquoi d’ailleurs ce déplacement insolite au lendemain de la signature des accords controversés entre son mari et la Cédéao ? Surtout le jour où ceux qui soutiennent son mari ont décidé de faire le deuil de Dioncounda ? Nous ne voulons rien insinuer, mais certaines coïncidences sont quand même troublantes et méritent d’être explorées. C’est notre devoir de journaliste, tant et si bien nous restons encore libres de nos pensées, faits et gestes. Les prochains jours nous édifieront car les confrères burkinabés et ivoiriens, alertés, sont sur le coup pour vérifier les tenants et les aboutissants de ce déplacement.

Les Maliens de la Mauritanie en difficulté : les autorités de Nouakchott imposent une carte de séjour aux étrangers

La Mauritanie qui n’est membre ni de l’Uemoa ni de la Cédéao, échappe aux contraintes de libre circulation des personnes et des biens, tel qu’imposé dans ces espaces communautaires. Elle vient de le prouver en imposant aux étrangers vivant sur son sol l’obtention d’une carte de séjour dont la délivrance est un véritable parcours du combattant. Cette mesure, intervenue dans le cadre du durcissement de la politique mauritanienne d’immigration, permet à ce pays de se débarrasser des populations noires indésirables, tels les 150 000 sénégalais qui y vivent et la centaine de milliers de Maliens qui y sont signalés. Rappelons qu’en Mauritanie, le problème racial reste encore une des sources de tensions sociales. Mais une chose est sûre : les autres pays peuvent lui appliquer la réciprocité. Pourquoi pas ?

Rédaction

Le Prétoire du 24 Mai 2012