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«Nous avons échangé utilement des points de vue liés aux préoccupations communes qui touchent à la sécurité de nos frontières. Nous avons envisagé de mener ensemble des actions concertées pour gérer ce problème très sensible », a déclaré Natié Pléa.

Le ministre de la défense et des anciens combattants était en visite officielle à Alger mercredi dernier (4 juin2008) lorsqu’il s’exprimait ainsi.

Il a été reçu par le président Abdelaziz Bouteflika, après avoir eu des entretiens avec les chefs militaires algériens.

Parmi ceux-ci, le général à la retraite Abdelmalek Gue-naïzia, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale. Mais il y avait plus important, car le ministre de la défense a également rencontré les responsables des services de renseignements algériens.
De quoi a-t-il été question? Certainement des questions sécuritaires.

Pour le quotidien algérien Al Watan, “les actions revendiquées par ce qui est appelé Al Quaïda au Maghreb islamique et les troubles dans la région de Kidal font que les deux pays sont amenés à travailler ensemble, même s’il y a des aspects opérationnels à mettre en œuvre et des questions politiques à régler”.

Pour les détails, rien à signaler. Mais Natié Pléa a annoncé avoir présenté un « compte rendu » au président algérien sur les discussions qu’il a eues avec les responsables militaires qu’il a rencontrés.
Il y a longtemps que l’Algérie et le Mali essayent tant bien que mal de coopérer sur le plan sécuritaire.

Ils veulent coordonner leurs actions sur le terrain, histoire de mieux surveiller leurs frontières. Ce travail en commun doit se faire sur une distance de 1 340 km de désert. Extrême-ment poreuses et ouvertes à des trafics de personnes, d’armes légères et de drogues dures, ces frontières sont difficiles à maîtriser.

Il est donc question que les armées des deux pays montent des patrouilles communes pour contrôler les lignes frontalières. Une collaboration que les Américains ont appelée de leurs voeux. Ainsi, l’Algérie cherche à se doter de moyens électroniques pour mieux surveiller ses frontières situées en zone désertique.

Sur le plan politique, Bamako souhaite une action plus soutenue d’Alger pour accélérer la médiation entre le gouvernement central et Ibrahim Ag Bahanga, chef des rebelles touareg.

Les deux pays demeurent attachés aux accords de paix d’Alger. Des accords malmenés ces derniers temps avec la reprise des hostilités entre les rebelles et l’armée régulière. Abdelkrim Gheraieb, ambassadeur d’Algérie à Bamako, a repris, fin mai 2008, les contacts avec toutes les parties concernées.

Le président malien, Amadou Toumani Touré, a reçu le diplomate et lui a rappelé la nécessité de redonner vie aux accords d’Alger. Selon A Watan “Ibrahim Ag Bahanga, qui est en contact avec le médiateur algérien, de-vrait se déplacer à Alger les prochaines semaines pour poursuivre les consultations”.

Alger entend donc reprendre l’initiative après la brouille qui a conduit au gel de sa participation aux négociations. Parallèlement, la Libye, engage sa propre médiation, entrant en concurrence directe avec l’action menée par Alger. Ce qui n’est pas du tout du goût de ce dernier.

Trois jours seulement après les discussions entre le président malien et l’ambassadeur algérien, des notables pris en charge par Tripoli sont arrivés à Bamako pour engager « la médiation » entre les rebelles et le gouvernement.

Ayant échoué à deux reprises à la relance de cette médiation, la Libye a constitué l’Association populaire et sociale des tribus du Grand Sahara qui devrait travailler pour le règlement des conflits dans cette région (Niger et Tchad également).

Cependant, Bamako veut privilégier la médiation algérienne. «On ne va pas multiplier les canaux de médiation. Le médiateur, c’est l’Algérie, et le cadre c’est toujours l’accord d’Alger », a précisé une source de la présidence à l’agence française AFP.

Pour réussir la médiation, l’Algérie veut convaincre l’armée malienne de ne pas engager les troupes dans les combats contre les rebelles. C’est pourquoi le ministre de la défense malien était à Alger, à en croire le quotidien algérien Al Watan.

Cela sera une pilule difficile à avaler pour l’armée malienne qui a mené ces derniers jours des opérations dans le nord du pays pour traquer les rebelles. Quant à Ibrahim Ag Bahanga, il souhaite un arrêt de ces actions militaires pour donner crédit aux futures négociations.


Soumaila T. Diarra

06 Juin 2008