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La localité d’Abeibara, située au nord Est de Kidal a été attaquée hier 21 mai, tôt le matin par des rebelles touareg, à la tête desquels se trouvait Ibrahim Ag Bahanga, de sources concordantes.

Ainsi la cible des assaillants aurait été le Groupement de la garde nationale de la localité d’Abeibara, pendant huit heures d’intenses combats. Le bilan serait lourd. Ce fut un carnage : 10 militaires et 17 « assaillants » ont été tués et 31 blessés, précise une source militaire proche du ministère de la défense.

Tandis que selon un communiqué de la rébellion, le bilan est de 2 chars détruits, 60 militaires faits prisonniers, côté armée malienne, et de 2 blessés légers et un mort côté touareg.

Pour sortir de la crise actuelle, les hommes de Bahanga exigent des autorités centrales maliennes une reprise du dialogue auquel seront associés rapidement les partenaires techniques et financiers du Mali, des représentants de la classe politique malienne et le Médiateur.

« Pour sortir de la crise actuelle, nous souhaitons que les autorités centrales maliennes associent rapidement les partenaires techniques et financiers du Mali, des représentants de la classe politique malienne et des médiateurs internationaux à une reprise de dialogue qui tient compte du contexte actuel et de l’élargissement du conflit aux autres régions du Nord ».

C’est la teneur d’un communiqué publié par le porte parole habituel de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement, Hama Ag Sid Ahmed, quelques heures après la fin des combats à Abeibara.

Selon cette source rebelle, le bilan est lourd, « côté armée malienne, 2 chars détruits, 60 militaires sont faits prisonniers. Du côté touareg, 2 blessés légers et un mort ». Mais du côté du ministère de la défense, selon l’AFP, le bilan est le suivant : « côté forces armées: 10 morts et 6 blessés. Côté assaillants: 17 morts et 25 blessés« .

De son côté, le communiqué de la rébellion précise la prise du Groupement de la garde nationale de la localité d’Abeibara par la rébellion touareg et s’insurge contre le pouvoir de Bamako.

« Après le refus des autorités maliennes de poursuivre un dialogue sérieux et sincère, les Touareg en rébellion déduisent que la partie gouvernementale ne cherche qu’à gagner du temps pour continuer à renforcer le dispositif militaire et distraire toutes les bonnes volontés qui réclament le retour réel de la paix et de dialogue ».

Il y a quelques semaines le chef rebelle, Ibrahim Bahanga, avait lancé un ultimatum d’un mois aux autorités de Bamako, pour l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat du Commandant touareg de l’armée malienne, Barka Acheick. Il a exigé la participation du Médiateur algérien à cette enquête afin d’en garantir l’indépendance.

Il avait également souligné sa disponibilité au dialogue et surtout au retour à l’Accord d’Alger.

L’adhésion de l’ATNMC d’Ibrahim Ag Bahanga à l’accord d’Alger marque un grand pas vers la paix d’autant que cet accord qui est conforme au pacte national est le seul cadre de dialogue et de négociation prôné par le Médiateur algérien.

L’accord d’Alger, dans son préambule qui a été rédigé par le Médiateur algérien, reconnaît l’Unité et la Souveraineté nationale du Mali, l’intégrité du territoire ainsi que la Constitution de la troisième République.

C’est sur ce terrain que le Médiateur algérien, qui a donné son accord de principe pour revenir dans son rôle, va désormais se battre : faire revenir tous les groupuscules rebelles dans l’accord d’Alger et éviter toute velléité de revendication identitaire.

Cependant les rebelles reprochent aux autorités de Bamako leur manque d’initiative pour faire avancer le processus de paix. Au contraire, il est fort à craindre que les récentes déclarations du chef de l’Etat sur la rébellion n’aient pas déterminé les hommes de Bahanga à lui donner la réponse à ses propos, à leur façon.

Ce qui est bénéfique et qui vaut mieux pour le pays est qu’on ne se lasse jamais de répéter qu’il vaut mieux dialoguer là où on peut faire la guerre, et qu’engager le pays dans une guerre sans issue est une lourde responsabilité pour un seul homme, fut-il président de la République.

Pourquoi n’ouvrirait-il pas un débat à l’Assemblée nationale sur la question. C’est insensé de dire qu’un débat sur la rébellion est un débat politique inutile. Toute déclaration de ce genre dénote d’un dérapage grave.

Selon la rébellion, les autorités maliennes ne font aucune proposition sérieuse de sortie de crise qui aille dans le sens d’une reprise des pourparlers qui tiennent compte du contexte actuel, indique leur porte parole. Ce qui explique selon eux la reprise des hostilités à Diabali, Ansongo et le dernier à Abeibara.

B. Daou

22 Mai 2008