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jpg_ATT_mico_doute_1_.jpgEn colère, j’avoue que nous avons mis deux ou trois ans pour nous contenir. Nous avons tout fait également pour essayer d’expliquer, de convaincre. Malheureusement, nous avons rencontré une bande qui n’a pas une revendication avérée.

Sa seule revendication est tout simplement le désengagement de l’armée dans le nord. Mais je pense que c’est une bande qui est très proche des narcotrafiquants. L’attaque de la base dont vous avez parlé, c’est-à-dire la ville de Nampala, couvrait une action de l’Adrar, une action de récupération de la drogue.

Alors, est-ce que cette attaque ne montre pas que l’armée malienne manque de moyens ?

Non ! Nous ne manquons pas de moyens, nous ne manquons pas de renseignements non plus. Nous savions qu’ils étaient dans cette zone.

Qu’ils ont bénéficié d’une certaine complicité que je n’aimerais pas évoquée et qui leur ont permis d’être aussi proches de nos frontières et d’être à Nampala. Mais, aujourd’hui, nous avons décidé de changer. Nous nous sommes adaptés.

Aujourd’hui nous avons des unités sahariennes. Parce que dans l’armée malienne, il faut compter plus de 3 000 militaires touarègues, arabes et des noirs. Donc le facteur essentiel étant la connaissance du terrain, nous avons constitué rapidement des unités sahariennes qui connaissent le terrain au même titre que l’autre.

La garnison de Nampala est à la frontière mauritanienne, vous parlez de complicités, elles sont à l’intérieur du Mali ou à l’extérieur?

Vraiment je me réserverais par courtoisie de les évoquer. Mais pour qu’on puisse parcourir près de 1 500 km à l’intérieur de notre pays et que nous ne nous en rendions pas compte, c’est une chose impossible. Mais en aucune manière on ne va accuser qui que ce soit.

Et je salue d’ailleurs la position des autorités mauritaniennes dont le Chef de l’Etat a fait une déclaration et m’a adressé une lettre dans laquelle il a condamné, sans détour, l’attaque. Vous savez que le désert, seulement au Mali, c’est 500 000 km


Alors le chef des assaillants, Ibrahima Ag Bahanga, est un rebelle de longue date, est-ce qu’il ne faudra pas un jour négocier avec lui ?

Mais non. Je pense que Bahanga n’a jamais adhéré à une négociation. Jamais.

C’est un guerrier. Ce qui compte chez lui, c’est le rapport de force. Et nous allons lui retourner le rapport de force. Mais, Monsieur Ibrahim Bahanga est un élu, il est conseiller national.

Un moment il s’était battu pour avoir une commune. Il a eu une commune. Il a sa place au Haut conseil des collectivités. Il a préféré laisser son banc pour prendre les armes, s’il veut la force, il l’aura.

Une dernière question M. le président, il y a six semaines, deux diplomates canadiens ont été enlevés au Niger et tout laisse penser qu’ils sont au nord du Mali. Les services secrets canadiens sont aujourd’hui à Bamako, où en est-on dans l’enquête ?

Je pense que dire systématiquement qu’ils sont au nord du Mali est très réducteur et très simple. Ces bandes-là sont très mobiles, donc ils traversent, ils partent de part et d’autre des frontières. D’après eux-mêmes dans leur philosophie, il n’y a pas de frontière entre les pays.

Je pense que le plus important, effectivement, nous avons une petite équipe canadienne au Mali et je pense également qu’ils ont pris contact avec tous les pays voisins de la bande sahélienne.

Ils ont demandé notre appui et notre soutien. Nous pensons que pour ce qui concerne des diplomates enlevés dans le cadre de l’exercice de leur
fonction, le camouflet n’est pas seulement pour un pays, mais pour l’ensemble des pays du système des Nations Unies. Je pense qu’il faut donner une réponse appropriée.


Mali: des rebelles touaregs en Algérie

Des rebelles touaregs poursuivis par l’armée malienne ont, dans leur fuite, pénétré jeudi en territoire algérien, a-t-on appris de source militaire malienne et auprès de la médiation. « Nous avons poursuivi et détruit une des dernières positions des +bandits armées+ (rebelles touareg) dans le nord.

Ils ont pris la fuite et sont rentrés en territoire algérien. Ils étaient nombreux », a déclaré à l’AFP le capitaine Alioun Diakité, de l’armée malienne, contacté dans le nord du Mali.

« Nous avons entre nos mains plusieurs véhicules et des vivres. Les bandits ont tout abandonné sur place », a-t-il ajouté.

« Nous confirmons, un groupe d’hommes armés poursuivis par l’armée malienne est rentré sur notre territoire, les enquêtes sont en cours« , a affirmé de son côté un responsable algérien, membre du comité de suivi de l’accord de paix d’Alger, signé en 2006 entre le gouvernement de Bamako et les rebelles touareg.

A la question de savoir si l’armée malienne a poursuivi les rebelles touareg jusqu’en territoire algérien, la même source a répondu: « Je n’ai pas cette information pour le moment, mais si c’était le cas, je tiens à préciser que nos deux pays frères ont des accords dans ce sens ».

Source: lefigaro.fr

06 Février 2009