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Le député Ahmada Ag Bibi s’est plutôt prononcé, selon nos sources, devant ses collègues de la Commission ‘Défense et de la Sécurité Intérieure’ de l’Assemblée Nationale, laquelle commission se trouve en plein dans les préparatifs d’une interpellation du Gouvernement sur la question de Kidal.

Face aux membres de la Commission dont il est d’ailleurs un membre, le parlementaire élu à Abeïbara n’a pas dérobé à sa franchise habituelle. Selon notre source, Il a d’entrée de jeu tenu à lever tout amalgame entre son alliance et le mouvement de rupture parallèlement créé par Ibrahim Ag Bahanga. Par conséquent, poursuit la même source, Ag Bibi voudrait que le même distinguo prévale pour la nature des réclamations de l’une et de l’autre des deux entités associatives.

Par exemple, le porte-parole s’inscrit en faux contre l’intention prêtée à l’Alliance du 23 Mai, souvent avec une forte dose de protestations, de retirer l’armée malienne d’une partie du territoire nationale. « Nous sommes également des Maliens et n’avons jamais demandé un retrait des Forces armées », a-t-il déclaré devant la Commission de la Défense et de la Sécurité de l’institution parlementaire. Et Ag Bibi d’expliquer, par la même occasion, la différence notoire entre l’allègement accepté par les hautes autorités en Mars 2007 et un retrait tout court de l’armée malienne.

Tout en rappelant, toujours selon nos confidences, que l’allègement a du figuré dans tous les accords passés avec Bamako – du Pacte national jusqu’à l’Accord d’Alger -, l’interlocuteur des députés estime que les exigences provocatrices du mouvement de Ag Bahanga ne méritent pas d’inspirer à des hauts responsables des déclarations susceptibles d’exposer l’ensemble de l’ethnique touarègue à l’antipathie populaire.

En clair, le député Ahmada Ag Bibi soutient que les intérêts et prétentions de l’Alliance du 23 Mai sont nettement distincts de ceux de la dissidence conduite par Ibrahim Ag Bahanga et sur lesquels se réfèrent souvent les plus hautes autorités pour juger l’ensemble.

Toutefois, a-t-il mentionné devant les commissaires parlementaires, la suscitation et l’encouragement de tendances au sein de l’Alliance ne peut que déboucher sur une vaine et inutile multiplication des interlocuteurs de l’État. Les indices d’une telle situation, selon l’interlocuteur de la Commission Défense, sont d’ailleurs perceptibles dans les récentes attaques sporadiques de groupuscules non organisés.

À en croire nos confidences, le porte-parole de l’Alliance du 23 Mai n’a pas passé sous silence l’équation algérienne. En abordant le sujet avec ses collègues, il a conseillé une réintégration du puissant voisin dans le processus de pacification. Le porte-parole suggère, pour ce faire, l’envoi d’une délégation consistante de parlementaires auprès de l’Algérie, seul pays capable, à ses yeux, d’influer efficacement sur le désarmement des combattants.

Mais l’allègement constitue, après tout, l’argument le plus solide devant l’intransigeance de Ibrahim Ag Bahanga.

A. Keïta

Aurore du 15 mai 2008