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Les jours de la rébellion au Nord-Mali sont-ils désormais comptés ? C’est en tout cas cette question qu’on est en droit de se poser face à la nouvelle donne qu’on constate depuis un certain temps. Après cette démarcation de la Mauritanie du MNLA, c’est la CEDEAO et l’Union africaine qui viennent de décider d’apporter un soutien logistique et militaire au Mali. Cela au moment où on signale des fissures entre le mouvement ançar dine d’Iyad Ag Ghaly et le MNLA.

Rien ne va plus pour les apatrides du désert qui ont choisi de retourner les armes contre leurs frères. Ils sont en train d’être de plus en plus isolés par la communauté internationale qui n’entend plus croiser les bras face à cette menace qui plane sur l’intégrité territoriale du Mali. Le ton a été donné le mercredi 14 mars 2012 par le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, considéré jadis comme un soutien potentiel du MNLA. Le 14 mars dernier, celui-ci a envoyé au président de la République du Mali, Amadou Toman Touré son ministre des Affaires étrangères. Hamadi Ould Baba Ould Hamadi était porteur d’un message du président Abdel Aziz.

L’émissaire mauritanien a démenti un quelconque soutien aux rebelles touaregs. Il a affirmé que « le message est un message d’amitié, de fraternité et de solidarité au moment où le Mali est en butte à une rébellion armée ». Le porteur de message mauritanien a assuré que son pays apportait son soutien indéfectible au Mali dans sa lutte contre le terrorisme d’Aqmi et les actes barbares perpétrés par les bandits armés au nord du Mali. Il a démenti les allégations selon lesquelles son pays apporterait un quelconque soutien à la rébellion armée du MNLA.

Ce soutien clairement affiché pour le Mali par la Mauritanie est un véritable coup dur pour les rebelles du MNLA, lesquels peuvent être coupés d’une source de ravitaillement. Après ce premier échec, les bandits armés ont essuyé un autre revers quand la CEDEAO et l’Union africaine ont décidé de s’impliquer dans la crise aux côtés du Mali. Ces différentes organisations ont demandé à ce qu’un soutien logistique et militaire soit accordé au Mali pour faire face à la rébellion.

D’ailleurs, une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a été tenue hier à Bamako dans ce sens. Il s’agissait d’explorer les voies et moyens pouvant permettre de diligenter cet appui pour le gouvernement du Mali. C’est dire que le Mali n’est plus seul à faire face à cette guerre à lui imposée par des mercenaires défaits en Libye et leurs acolytes d’anciens rebelles du mouvement du 23 mai pour le changement, de trafiquants de drogue, d’armes etc..
Ce soutien de la CEDEAO et de l’Union africaine intervient au moment où on constate une désagrégation au sein des mouvements rebelles. Le mouvement Ançar dine d’Iyad Ag Ghaly et le MNLA s’entredéchirent actuellement sur le terrain autour de leurs objectifs.

Le mouvement Ansar Dine semble de plus en plus décidé à faire parler de lui, décidé à occuper le terrain. Et cela passe par une lutte armée sans merci pour l’application de la charia dans le nord du Mali, selon un communiqué de ce mouvement islamiste qui revendique désormais officiellement non seulement la prise et le contrôle de la localité malienne de Aguelhoc (nord-est) mais aussi celle plus stratégique de Tessalit, située dans la même région.

Les rebelles touaregs du MNLA revendiquent également la prise et le contrôle de ces deux localités. Difficile alors de savoir qui contrôle quoi exactement. En attendant une réponse claire à cette question, Ansar Dine, mouvement islamiste malien à dominante touareg, explique également que son objectif immédiat est de parvenir par tous les moyens à imposer la charia dans le nord-est du Mali.

Autre objectif de Ansar Dine, la création, non pas d’une République à part comme le souhaitent les rebelles touaregs, mais d’une République islamique. « Quiconque est d’accord avec cette position est avec nous. Mais quiconque est contre cette position, n’est pas avec nous », précise le mouvement, qui, on se souvient, a rendu publique la semaine dernière une vidéo.

Dans ce document on reconnaît son chef Iyad Ag Ghaly passant en revue les troupes, avant de diriger la prière. Sur les images, également beaucoup d’hommes en arme et un impressionnant matériel militaire. Ces informations embarrassent fortement le mouvement rebelle dont les soutiens occidentaux en l’occurrence la France, ne voudraient pas entendre parler d’une nouvelle république islamiste.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 21 Mars 2012