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Un des tout premiers partis à souhaiter et à soutenir la candidature d’ATT, l’Union des patriotes pour la République (URP), s’il ne renie pas son mentor, n’y va pas de main morte pour dénoncer sa gestion chaotique des élections et du Nord.

« La classe politique, l’Etat, l’Assemblée nationale et le chef de l’Etat doivent être interpellés pour s’expliquer sur ce qui se passe au nord ». Telle est la sentence prononcée dimanche dernier en début d’après-midi par le président de l’Union des patriotes pour la République (URP), Dr. Modibo Soumaré. Il animait à son siège à Ouolofobougou-Bolibana une conférence de presse, décidée la veille à l’issue d’une réunion de son bureau politique. Il avait à ses côtés le vice-président, Dr. Sékou Kéita, et d’autres membres du bureau.

La crise au nord et les élections générales, en particulier la présidentielle couplée au référendum, ont été passées au crible de l’URP. Tout en réaffirmant son appartenance à la mouvance présidentielle, l’URP a décidé de marquer sa différence : en refusant la langue de bois et les compromissions.

« S’il n’y a pas d’information officielle, c’est la rumeur qui fait légion. C’est maintenant que les autorités, qui s’octroient des indemnités et des salaires consistants, doivent prendre leurs responsabilités pour nous dire exactement ce qui se passe au nord. Elles ne doivent pas non plus attendre le 28 avril pour dire ce qu’il y a lieu de faire. Il faut agir. L’organisation matérielle des élections semble avancer sur la base d’un fichier pas crédible. La loi dit aussi que le référendum doit se tenir sur toute l’étendue du territoire », a expliqué Dr. Soumaré.

Le vice-président de l’URP ne s’est pas embarrassé de précaution pour dire qu’ATT a tout préparé sauf les élections. Il en veut pour preuves : les tergiversations sur le Race ou le Ravec, la mauvaise composition de la Céni, l’octroi de gré à gré d’un marché de fourniture de matériel électoral à une société libanaise au mépris de la loi. Pour lui, la rébellion en cours vise peut-être à justifier l’impréparation.

Estimant que le référendum ne peut se tenir sur fond d’insécurité, il n’a pas manqué de souligner son illégalité dans sa forme comme dans son fond. « ATT n’a choisi que quelques experts au mépris du droit souverain du peuple d’être concerté. Que le président nomme le président de la Cour constitutionnelle est une tentative d’infantilisation des juges. C’est inacceptable. Quant aux moyens financiers (9 milliards de F CFA), le peuple ne peut pas en supporter le coût », a protesté Dr. Kéita.

A l’URP, on propose que les moyens soient donnés à l’armée nationale pour qu’elle assure sa mission de défense de l’intégrité du territoire national parce que, soutient-on, « ATT a toujours acheté la paix, il ne l’a pas appliqué. Les rebelles sont intégrés dans la haute administration, dans la douane, l’armée, la police et la gendarmerie au mépris des règles.

Il faut que désormais chacun assume ses responsabilités, que la loi soit la même pour tous », a proposé Dr. Modibo Soumaré qui a qualifié le gouvernement en place de « gouvernement incompétent à remplacer par des Maliens compétents, patriotes » et capables de nous sortir des eaux troubles.

« Les vrais amis se reconnaissent dans le besoin ». Comme l’aiment à le dire les Italiens.

A. M. Thiam

Le 21 Février 2012